Chypre : vers un assouplissement des conditions du plan d'aide

Nicosie devrait disposer d'un an supplémentaire pour remettre de l'ordre dans ses comptes publics. Le gouvernement prévoit d'autoriser les casinos pour relancer l'économie.

EURACTIV.fr
6b8c77f27f153b9519010bc0e2640589.jpg
6b8c77f27f153b9519010bc0e2640589.jpg

Nicosie devrait disposer d’un an supplémentaire pour remettre de l’ordre dans ses comptes publics. Le gouvernement prévoit d’autoriser les casinos pour relancer l’économie.

La troïka des créanciers internationaux de Chypre (UE, FMI et BCE) a assoupli les termes du plan de sauvetage de l’île, en lui donnant notamment un peu plus de temps pour atteindre ses objectifs de réduction de déficit, selon des informations du Wall Street Journal, mardi 2 avril.

L’Union européenne, la BCE et le FMI donnent désormais à Chypre jusqu’à 2017 pour atteindre un excédent primaire (hors paiement des intérêts de la dette) de 4 % du PIB, au lieu de 2016, écrit le quotidien. 

Plan de croissance 

« Remettre les finances publiques en ordre pour stabiliser l’économie et restaurer la confiance des entreprises des citoyens et des investisseurs étrangers dans les perspectives économiques à long terme de Chypre est prioritaire », estime la troïka dans ce document que le quotidien économique a consulté. 

Chypre est arrivé à un accord avec les créanciers de la troïka dans la nuit du 24 au 25 mars. Le plan d’aide prévoit notamment un crédit de 10 milliards à Nicosie, en échange de mesures drastiques, comme la mise en faillite ordonnée de la deuxième banque du pays, la Laïki Bank.

Les autorités chypriotes ont également accepté une ponction sur les dépôts de plus de 100 000 euros de la Bank of Cyprus, des réformes structurelles, des privatisations et une hausse de l’impôt sur les sociétés de 10 à 12,5 %.

Lundi 1er avril, après une rencontre informelle avec ses ministres, le président de la République a annoncé un plan de croissance en douze points. Il sera présenté au gouvernement d’ici quinze jours. 

Récession à venir 

Parmi les mesures envisagées, des dégrèvements fiscaux pour les bénéfices des entreprises réinvestis sur place, de plus grandes facilités de paiement et de meilleurs taux d’intérêt sur les emprunts. 

S’exprimant devant des journalistes après une cérémonie de commémoration de la campagne armée de 1955 contre le pouvoir colonial britannique, Nicos Anastasiades a promis que son gouvernement consacrerait ses efforts à la « croissance et aux incitations à la croissance ».

Interrogé sur la sévérité de la récession à laquelle Chypre peut s’attendre, le porte-parole du gouvernement, Christos Stylianides, a répondu: « Il n’est pas possible pour l’instant de mettre des chiffres sur la récession. »