Climat : l’UE pourrait reporter une décision sur le financement jusqu’à l’été [FR]
Le sommet européen de printemps qui débute demain (19 mars) à Bruxelles devrait aboutir à un accord sur la position de l’UE pour les négociations climatiques internationales qui se tiendront en décembre. Mais les leaders européens envisagent désormais de reporter une décision sur les fonds destinés aux pays en développement jusqu’au prochain sommet du mois de juin. C’est ce que révèle le projet de conclusions, consulté par EURACTIV.
Le sommet européen de printemps qui débute demain (19 mars) à Bruxelles devrait aboutir à un accord sur la position de l’UE pour les négociations climatiques internationales qui se tiendront en décembre. Mais les leaders européens envisagent désormais de reporter une décision sur les fonds destinés aux pays en développement jusqu’au prochain sommet du mois de juin. C’est ce que révèle le projet de conclusions, consulté par EURACTIV.
Le sommet devait avancer des chiffres après que les réunions des ministres de l’Environnement et des Finances du début du mois s’étaient déchargées de la responsabilité relative à la position finale (EURACTIV 10/03/09). Mais des questions irrésolues reportent désormais toute autre décision.
Le Conseil des ministres de l’Economie et des finances n’a pas su répondre à une demande de la Pologne qui souhaitait développer des plans de partage des charges entre les Etats membres de l’UE (EURACTIV 10/03/09). Selon un diplomate européen de haut niveau, la présidence tchèque de l’UE a considéré que le Conseil européen n’était pas le lieu approprié pour débattre de cette question ; c’est pourquoi les conclusions sont restées très générales.
En fait, le projet de conclusions du sommet de cette semaine souligne le besoin d’examiner plus en détail les arrangements européens internes pour le financement de la lutte contre le changement climatique ainsi que le soutien à la technologie. Le document indique que les dirigeants européens se pencheront de nouveau sur la question lors de réunions ultérieures, une fois que la Commission et le Conseil y auront davantage travaillé.
Le diplomate a déclaré que les discussions devraient s’achever en juin, laissant à la présidence suédoise – qui entre en fonction en juillet – le soin de finaliser la position de l’UE.
Le projet ne fait que réitérer les résultats des précédentes réunions ministérielles. Il indique que l’UE acceptera de fournir sa juste part aux actions de réduction et d’adaptation dans les pays en développement, que ce soit avec de l’argent privé ou public.
Un travail inachevé
Selon le document, le travail est inachevé. En effet, il indique que la priorité des futures discussions sur le soutien financier sera de combiner différentes approches, notamment des approches fondées sur le marché et sur des donations. L’accent que les ministres ont mis sur le financement privé comme source principale d’investissement a néanmoins été atténué.
Les verts du Parlement européen ont indiqué sur leur blog que l’actuel projet de conclusions du sommet reste vague et manque d’ambition. Cela serait selon eux une honte pour l’UE de jouer un rôle dans un tel échec en ne s’engageant pas suffisamment dans les négociations sur le changement climatique. Ils ont ajouté que l’Europe s’était en effet posée en chef de file de la lutte contre le changement climatique ces dernières années.
Selon les verts, un accord international réaliste serait que les pays industrialisés s’engagent à fournir au moins 100 milliards d’euros par an. Ils ont précisé que la part de l’UE devrait s’élever au minimum à 30 milliards d’euros, en plus de l’aide traditionnelle au développement.
Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la convention-cadre sur les changements climatiques, a lui aussi exprimé des inquiétudes en vue du sommet. Selon lui, l’UE revient sur ses promesses. L’UE pourrait lever des fonds à partir des recettes de son système de quotas d’émissions, par le biais des contributions nationales ou en imposant des taxes sur le commerce de quotas d’émissions, a-t-il déclaré au Financial Times.
Sécurité énergétique
Une autre question récurrente sur l’agenda des dirigeants européens est celle de la sécurité énergétique. Dans le sillage de la crise gazière, au cours de laquelle un différend entre la Russie et l’Ukraine avait entraîné la rupture de l’approvisionnement en gaz de nombreux pays d’Europe de l’Est, ils appelleront à un nouveau mécanisme visant à garantir que l’Europe ne subisse plus de telles interruptions.
Les chefs d’Etat et de gouvernement devraient également appeler la Commission et les gouvernements à présenter des plans d’actions détaillés pour les questions prioritaires de la seconde analyse stratégique de la politique énergétique (SER II). Parmi celles-ci figurent le corridor gazier Sud, la diversification de l’approvisionnement en gaz naturel liquéfié, les interconnexions électriques avec la région balte, l’anneau énergétique méditerranéen, le gaz Nord-Sud, les interconnexions électriques en Europe centrale et du Sud-Est et le réseau offshore Nors-Ouest (EURACTIV 20/02/09).
Pour financer ces projets, le Conseil demandera à la Commission de présenter début 2010 des propositions en vue d’un nouvel instrument européen dans le domaine de la sécurité énergétique et de l’infrastructure, bien que le document n’entre pas dans les détails sur l’objectif d’une telle mesure.