Climat : le sommet de l’UE reporte la décision au mois de juin [FR]
Des militants écologistes ont vivement critiqué les chefs d’Etat et de gouvernement pour n’avoir pas proposé, lors du sommet de la semaine dernière des 19 et 20 mars, de sommes concrètes afin de venir en aide aux pays en développement dans leur lutte contre le changement climatique.
Des militants écologistes ont vivement critiqué les chefs d’Etat et de gouvernement pour n’avoir pas proposé, lors du sommet de la semaine dernière des 19 et 20 mars, de sommes concrètes afin de venir en aide aux pays en développement dans leur lutte contre le changement climatique.
Comme prévu, les leaders européens ont reporté au mois de juin une décision relative à la position de l’UE pour les négociations sur le changement climatique, qui devraient se conclure à Copenhague en décembre (EURACTIV 18/03/09).
Lors du Conseil européen de printemps de la semaine dernière, les chefs d’Etat et de gouvernement ont même assoupli les conclusions rédigées par les ministres de l’Environnement et des Finances en début de mois, éludant toute référence à d’éventuels mécanismes de financement.
Les conclusions du sommet relèvent simplement le besoin de plus amples discussions au sujet des mécanismes internationaux de financement, et le fait que les leaders détermineront la position de l’UE sur les approches du financement, sa contribution spécifique et les principes de partage des charges entre Etats membres bien avant la conférence de Copenhague.
Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a déclaré que l’Union européenne ne devrait prendre aucun engagement si d’autres pays, notamment les Etats-Unis et la Chine, ne font pas de même.
Selon un ministre, les principes qui régiront le partage de l’aide financière entre les Etats membres, un obstacle majeur pour la Pologne, devraient être décidés avant le mois de juin (EURACTIV 10/03/09).
Le plan de relance financier prioritaire sur les négociations climatiques
Les leaders européens ont préféré se concentrer sur les mesures de lutte contre la crise économique, suscitant ainsi une vague de colère chez les ONG écologistes. Friends of the Earth a déclaré que les 27 Etats membres passent la plupart de leur temps à discuter des réponses de plusieurs milliards d’euros à la crise financière, sans n’avoir engagé un seul centime en faveur des efforts internationaux de lutte contre le réchauffement climatique.
Selon le WWF, même s’il est compréhensible que les leaders soient peu disposés à s’engager à fournir des ressources à des pays tiers en temps de crise économique, ils entravaient toutefois complètement l’avenir de l’accord sur le changement climatique en demandant des réductions aux pays en développement sans promettre d’aide en retour.
Pour Stephan Singer, responsable du programme Climat et Energie de l’organisation WWF, se décharger de la responsabilité en demandant aux pays en développement de présenter des propositions prévoyant de réduire leurs émissions constitue la recette qui conduira à l’échec des négociations climatiques de décembre à Copenhague.
En vue du sommet, Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques, a accusé l’UE de revenir sur les promesses qu’elle a fait à Bali en 2007.
L’heure tourne
Des ONG ont indiqué que l’Europe perdait un temps précieux et qu’elle devait accélérer les mesures pour s’assurer que le réchauffement climatique ne dépasse par les 2°C, niveau au-delà duquel les effets pourraient être irréversibles selon la plupart des scientifiques.
Greenpeace a enjoint les ministres européens de se mettre d’accord au cours de la présidence tchèque sur un plan concret pour financer la lutte contre le changement climatique. L’association a appelé le G20 à inscrire le changement climatique en tête de l’agenda de sa réunion qui aura lieu à Londres, le 2 avril.
Avec les retards, toutefois, il semble que la présidence suédoise, qui reprendra le flambeau de la République tchèque le 1er juillet, devra finaliser la position de l’UE pour Copenhague. Selon les Etats membres, il est trop tôt pour que l’UE s’engage à réaliser des réductions concrètes, alors que les Etats-Unis étudient encore différentes options. Selon Oxfam, toutefois, attendre que les Etats-Unis fassent le premier pas est une attitude qui est loin de ressembler au leadership que l’UE a plusieurs reprises mis en avant dans la lutte contre le changement climatique.
Nous nous attendons à ce que l’Europe fixe un niveau pour l’adaptation du financement : en optant pour le silence, l’Europe décide de ne pas faire pression sur les Etats-Unis afin qu’ils fassent une offre plus importante, a indiqué Elise Ford, chef du bureau européen d’Oxfam International. Mme Ford a appelé les leaders européens à faire pression sur le président américain, Barack Obama concernant les émissions et le financement, lors de sa visite européenne en avril.