Cognac : des centaines de salariés manifestent pour défendre la filière

Près de 300 salariés de la maison Hennessy (groupe LVMH) ont manifesté jeudi 28 novembre à Cognac, dans le centre-ouest de la France, pour dénoncer un projet d’exportation en vrac destiné à contourner les surtaxes chinoises sur les brandys européens.

EURACTIV France avec AFP
CHINA LUXURY GOODS
Présentation du cognac français Richard Hennessy à l'Extravanganza Shanghai de 2005. [EPA/MIRROR CHEUNG]

Près de 300 salariés de la maison Hennessy (groupe LVMH) ont manifesté jeudi 28 novembre à Cognac, dans le centre-ouest de la France, pour dénoncer un projet d’exportation en vrac destiné à contourner les surtaxes chinoises sur les brandys européens.

Cette mobilisation intervient alors que le Premier ministre français Michel Barnier prévoit une visite prochaine en Chine pour discuter des surtaxes imposées par Pékin. Celles-ci sont perçues comme une riposte à une procédure similaire de Bruxelles sur les voitures électriques produites en Chine et vendues dans l’Union européenne.

Hennessy, filiale du groupe de luxe LVMH et leader du marché du cognac, prévoyait d’expérimenter l’export en cuve afin de contourner des surtaxes évaluées à 35 % sur les bouteilles importées en Chine.

Bien que le projet ait été suspendu lundi 25 novembre par la direction après un mouvement de grève, l’inquiétude reste vive dans la filière, dont des salariés d’autres maisons se sont joints à la mobilisation.

« Cette idée de délocaliser la mise en bouteille, c’est ouvrir une boîte de Pandore qui peut être désastreuse », alerte Tommy Dupuis, machiniste régleur dans l’entreprise depuis 13 ans.

Les manifestants réclament notamment une extension de l’appellation d’origine contrôlée (AOC) pour inclure des règles protégeant l’embouteillage local, sur le modèle du champagne.

D’autres redoutent des conséquences économiques désastreuses pour la région. « Si les lignes de production sont déplacées, je vais perdre mon emploi, les autres aussi, et le bassin de Cognac va devenir une ville morte. Il ne faut pas laisser faire ça », s’alarme Alex Barbin, chauffeur chez Hennessy depuis 15 ans.