Comment la France prépare la présidence du G20

Quelques jours avant que la France ne prenne la présidence du G8 et du G20, EURACTIV.fr fait le point sur l’organisation, le budget et le calendrier des manifestations.

EURACTIV.fr
f3d0110cc76c51bfd63e2a35d152045d.jpg
f3d0110cc76c51bfd63e2a35d152045d.jpg

Quelques jours avant que la France ne prenne la présidence du G8 et du G20, EURACTIV.fr fait le point sur l’organisation, le budget et le calendrier des manifestations.

Paris s’apprête à prendre la tête des deux groupes de pays les plus riches de la planète. Au-delà des priorités, annoncées par Nicolas Sarkozy à la fin de l’été, la France prépare sa présidence du G8 et du G20 sur le plan logistique.

Fin juillet, l’Elysée a officiellement constitué un secrétariat général de la présidence française du G20 et du G8. A la tête de cette structure, installée au sein du palais présidentiel, le diplomate Franck Gellet a été chargé de coordonner les opérations. Ancien chef de cabinet d’Alain Lamassoure au ministère du Budget, il connaît bien ce type d’événements. En juin 2003, il avait été l’un des principaux artisans du sommet du G8 à Evian.

Celui qui était jusqu’à l’été conseiller à la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) est entouré de neuf personnes. Parmi elles, deux viennent du Quai d’Orsay, deux autres du ministère de l’Économie. Un cinquième est mis à disposition par le ministère de la Défense, et un autre par le ministère de l’Intérieur. Enfin, trois collaborateurs sont temporairement détachés par l’Elysée.

L’équipe de Franck Gellet est chargé, selon le décret qui l’a nommée, de mettre sur pieds la liste des événements à l’occasion du G8 et du G20. Elle doit aussi assumer la «communication», la «recherche de partenariats avec les entreprises et les collectivités territoriales», ainsi que la collaboration avec la société civile.

Cette cellule élyséenne est complétée par deux autres «task-forces», mises en place pour l’occasion. D’un côté, une quinzaine de personnes travaille sous l’égide du ministère des Affaires étrangères. Un autre groupe, de taille équivalente, dépend de la direction générale du Trésor.

80 millions d’euros

En tout, la présidence sera dotée d’un budget de 80 millions d’euros. Une somme bien inférieure à celle de la présidence française de l’UE, qui avait coûté 190 millions d’euros entre juillet et décembre 2008. Les deux plus grosses factures prévues sont les deux sommets qui réuniront les membres du G20 (25 millions d’euros) et du G8 (20 millions d’euros). Cependant, ces chiffres ne comprennent pas les dépenses liées à la sécurité. Le sommet de Toronto, organisé en juin 2010 par la présidence canadienne, avait coûté la bagatelle de 712 millions d’euros, selon les chiffres officiels. 

Dès l’année 2010, 20 millions d’euros devraient être dépensés afin de lancer les premiers marchés. Selon la députée (UMP) Geneviève Colot, qui a rédigé un rapport sur le sujet, les fonds relatifs à la création d’un site internet ainsi que l’assistance à l’organisation de certaines réunions sont déjà engagées. 

A quelques jours du lancement de la présidence française, la plus grande inconnue reste l’agenda. Malgré les demandes répétées d’EURACTIV.fr auprès de l’Elysée ou du Quai-d’Orsay, il était impossible d’accéder à la liste d’événements prévus par la France à l’occasion de sa présidence. Officiellement, il s’agit de ne pas gêner la Corée, qui dirige le G20 jusqu’au 12 novembre.

Trois réunion du « G20 Finances »

Néanmoins, EURACTIV.fr a pu recueillir des éléments de calendrier :

  • 11-12 ou 18-19 février : Réunion des ministres des Finances du G20
  • Mars : Réunion des ministres des affaires étrangères du G8 
  • Avril : Réunion des ministres des Finances du G20 (Washington)
  • Fin mai : Réunion des ministres de l’Agriculture du G20
  • Juin : sommet du G8
  • Septembre : Réunion des ministres de l’Emploi du G20 
  • Novembre : Réunion des ministres des Finances du G20 
  • Novembre : Sommet du G20

Le sommet de clôture du G20, qui pourrait avoir lieu en novembre à Nice ou à Paris, devrait réunir au moins 4000 journalistes, et plus de 5000 personnes issues des 21 délégations des pays membres du G20. 

En plus des deux sommets, Paris devra assumer l’organisation de réunions ministérielles thématiques des membres du G8. La majorité de ces rencontres devrait se tenir à Paris. Chacune d’entre elles devrait accueillir une centaine de délégués, ainsi que 200 à 300 journalistes, selon la présidence.

D’autres rencontres seront directement organisées par le ministère de l’Économie ou des Affaires étrangères. Mais «à ce jour, on ne connaît pas non plus leur nombre», souligne Geneviève Colot, dans son rapport, publié le 14 octobre.

Du côté des ONG, on se félicite de la volonté de la présidence française de vouloir concerter les associations avant les sommets. « On nous a dit que nous serions régulièrement consultés », affirme Nathalie Dupont, de Coordination Sud. Les associations comptent notamment peser sur les réunions ministérielles. Une première réunion entre la présidence et les ONG doit se tenir fin novembre. 
Une personne devrait également être en charge des relations avec les parlementaires, français et européens. Ces derniers ont fait part de leur souhait d’être tenus informés de l’évolution des débats. 

Le remaniement, qui pourrait intervenir à la mi-novembre, pourrait également venir troubler l’organisation de ce G20, surtout si le Quai-d’Orsay et Bercy changent d’occupants.