Contre la libéralisation des vignes, la France gagne encore un allié

La Finlande s’est ralliée au groupe de pays qui refusent la libéralisation des autorisations de plantation des vignobles. Le Parlement européen est lui aussi très sceptique.

EURACTIV.fr
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La Finlande s’est ralliée au groupe de pays qui refusent la libéralisation des autorisations de plantation des vignobles. Le Parlement européen est lui aussi très sceptique.

Nouvelle victoire pour le ministre de l’Agriculture. Bruno Le Maire bataille ferme depuis plusieurs mois pour remettre en cause la suppression, prévue à partir de 2015, des restrictions de plantation de nouvelles vignes.

Même si une dérogation est possible jusqu’en 2018, la France ne veut pas entendre parler de cette réforme – qu’elle a pourtant votée – et entend réunir la majorité d’États nécessaires pour obliger la Commission à revenir sur son règlement adopté en 2008. 

>>> Pour comprendre le début de l’histoire, lire « Vignes : les députés français veulent maintenir un système d’autorisation ». 

En janvier, l’exécutif européen a déjà du lâcher du lest en demandant la création d’un groupe de réflexion de haut niveau sur le sujet. L’objectif est de remettre autour de la table tous les acteurs du secteur pour faire avancer ce dossier après des mois de manœuvres diplomatiques. Cette fenêtre de tir représente une opportunité unique pour les opposants à la libéralisation.   

>>> Lire « Vin : la Commission fait un geste sur la libéralisation du secteur« . 

A cette époque, la France pouvait compter sur le soutien de treize pays dont les principaux producteurs de vin d’Europe comme l’Espagne, l’Italie, le Portugal ou la Grèce. Le 2 mars, la Bulgarie a rejoint le rang des opposants à la libéralisation. 

Depuis mardi 20 mars, la Finlande et ses sept voix au conseil de l’UE, ont rejoint le camp français. Avec ce nouveau ralliement, il ne manque plus que 33 voix (222 sur 255) pour obtenir la majorité qualifiée et forcer la Commission à revoir sa copie. 

Parmi les États qui ne sont pas encore prononcés, Malte dispose de 4 voix, le Royaume-Uni 29, la Suède 10, la Pologne 27, la Lituanie 7, la Lettonie 4, la Belgique 12, l’Irlande et le Danemark 7, les Pays-Bas 13. 

Un Parlement sceptique 

De son côté, le Parlement européen a débattu de la question mardi 20 mars, en commission Agriculture.

Une étude présentée le jour même aux élus reconnaît que la libéralisation des droits de plantation des vignes peut avoir pour conséquences le développement d’une spéculation et une perte de contrôle sur les quantités de vin produites. A l’inverse, l’avantage principal du maintien des droits réside dans la stabilité offerte aux producteurs, même si cela pénalise la réactivité lorsque la demande augmente. 

En juin 2011, le Parlement a voté une résolution en faveur du maintien des droits. Le député européen français Michel Dantin (UMP), opposant farouche à la libéralisation, a toutefois estimé que même en cas de victoire, il serait nécessaire de réformer le système actuel pour l’adapter aux nouveaux besoins du secteur.