Copenhague : La société civile apporte sa contribution
Selon une enquête menée auprès de la société civile internationale sur le réchauffement climatique, les citoyens seraient favorables à des objectifs contraignants sur le climat. L’étude dissipe également quelques idées reçues, notamment sur la position des pays en voie de développement.
Selon une enquête menée auprès de la société civile internationale sur le réchauffement climatique, les citoyens seraient favorables à des objectifs contraignants sur le climat. L’étude dissipe également quelques idées reçues, notamment sur la position des pays en voie de développement.
« Les gouvernements ne pourront plus se cacher derrière leurs opinions publiques pour ne pas agir, au contraire », a affirmé Michèle Pappalardo, commissaire générale au développement durable, lors d’une conférence le 29 septembre 2009 à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris. Les grands acteurs de la négociation sur le changement climatique étaient invités à commenter les résultats de l’opération World Wide Views on Global Warming. Cette consultation mondiale, « expérience de démocratie participative », selon le conseiller d’État Pierre Zemor, portait sur les thèmes qui seront examinés à Copenhague en décembre 2009. Les ONG, personnalités politiques et chercheurs intervenants ont salué cette démarche, qui permet de « faire avancer le dossier du climat », a ajouté M. Zemor.
Principale conclusion de la consultation : les pays en voie de développement (PVD) s’inquiètent plus du réchauffement climatique que les pays riches. Une conséquence, selon Mme Pappalardo, de ses effets déjà plus palpables dans ces zones. L’urgence d’y faire face en limitant le réchauffement à 2°C d’ici 2100 est un sentiment unanime révélé par l’enquête.
Chercheur au Centre de la vie politique française (CEVIPOF), Daniel Boy note cependant certaines « préférences égoïstes ». L’idée que seuls les pays riches doivent payer pour limiter l’impact des émissions est un peu plus présente parmi les représentants des PVD. Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine (BRIC) sont moins exigeants sur ce point. Quant aux Français, ils sont plus préoccupés par la hausse des prix des combustibles. Seuls 51% d’entre eux préconisent une augmentation des tarifs des carburants. Un nombre moins important comparé aux ressortissants des autres pays participants à la consultation.
Plus étonnant selon Daniel Boy, les PVD sont plus exigents avec eux-mêmes que ne leur demandent les pays industrialisés.
Les citoyens interrogés aux États-Unis sont favorables à des sanctions en cas de non-respect des accords internationaux, souligne l’économiste Stéphane Hallegatte. Un point de vue à contre-courant de la politique de Washington, qui suscite des espoirs chez Corinne Lepage, vice-présidente de la Commission environnement au Parlement européen. Selon elle les citoyens américains pourraient « faire pression sur leur administration ». M. Hallegatte note cependant que les États américains impliqués dans la lutte contre le changement climatique sont surreprésentés dans la consultation par rapport aux autres.
Les représentants des ONG se sont malgré tout réjouis que 90% des sondés des pays riches posent des objectifs plus contraignants que ceux déterminés officiellement, notamment sur le taux de réduction des émissions de CO2.
En France, le panel a placé en tête de ses recommandations la nécessité de renforcer l’information populaire sur les enjeux climatiques. Vient ensuite la création d’un organisme mondial de l’environnement neutre et capable de surveiller l’application des accords internationaux. Et enfin la création d’un fonds monétaire environnemental international.
Près de 100% des citoyens français souhaitent que les dirigeants parviennent à un accord à Copenhague. « Tout le monde est d’accord pour sauver le monde, a ironisé M. Hallegatte. Mais moins pour payer plus cher l’essence ».