Côte d’Ivoire : l’UE se met d’accord sur des sanctions pour les supporters de M. Gbagbo

Les ministres des affaires étrangères de l’UE se sont mis d’accord ce lundi (13 décembre) sur l’imposition de sanctions pour certaines figures dominantes en Côte d’Ivoire, mettant la pression sur Laurent Gbagbo afin que celui-ci renonce au pouvoir suite à des élections présidentielles contestées.

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Les ministres des affaires étrangères de l’UE se sont mis d’accord ce lundi (13 décembre) sur l’imposition de sanctions pour certaines figures dominantes en Côte d’Ivoire, mettant la pression sur Laurent Gbagbo afin que celui-ci renonce au pouvoir suite à des élections présidentielles contestées.

Ce mouvement de l’UE visera M. Gbagbo et ses supporters, avec le gel des avoirs et une interdiction de visa, après que celui-ci ait revendiqué la victoire sur son opposant, Alassane Ouattara, lors du vote du 28 novembre – en dépit du fait que M. Ouattara ait été déclaré vainqueur par la commission électorale de la Côte d’Ivoire.

Les sanctions viseront particulièrement les figures dominantes qui ont refusé de se placer sous l’autorité du président démocratiquement élu, M. Ouattara, ont dit les ministres dans une déclaration.

Les Etats-Unis ont également menacé de prendre des mesures à l’encontre de M. Gbagbo, le président Barack Obama ayant écrit qu’il soutiendrait les efforts visant à isoler M. Gbagbo dans le cas où celui-ci refuserait de démissionner.

« Nous appelons à une passation de pouvoir immédiate et pacifique », a dit Catherine Ashton, haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères, aux journalistes après une rencontre des ministres des affaires étrangères de l’UE. « Nous avons décidé d’adopter, sans délais, des mesures de restriction à l’encontre de ceux qui font obstruction à la paix et à la réconciliation ».

Elle a déclaré que des fonctionnaires des 27 Etats membres de l’Union établiraient une liste de dirigeants qui seront visés par les restrictions, mais elle a refusé de révéler qui serait inclus lors de l’imposition des mesures.

« J’espère que la décision prise aujourd’hui va persuader le gouvernement en place à répondre avant que nous arrivions à ce stade », a-t-elle dit.

M. Gbagbo garde le contrôle

La Côte d’Ivoire, premier producteur de cacao au monde, est sujette à des turbulences depuis le scrutin du mois passé, qui devait réunifier le pays suite à la guerre civile de 2002-2003. Les dirigeants mondiaux et les organismes régionaux ont reconnu M. Ouattara comme président, et l’Union africaine a suspendu l’appartenance de la Côte d’Ivoire jusqu’à ce que M. Gbagbo démissionne.

Son refus de démissionner menace de compromettre un paquet d’aide internationale d’une valeur de 3 milliards de dollars (soit 2,2 milliards d’euros). Le Fonds Monétaire International a déclaré qu’il ne participerait pas au programme d’aide si le gouvernement de la Côte d’Ivoire n’est pas reconnu par les Nations Unies.

Toutefois, M. Gbagbo garde le contrôle des forces armées et a rejeté les critiques, les qualifiant d’ingérence étrangère.

Les ministres des affaires étrangères de l’UE ont déclaré qu’il est impératif que le souhait de souveraineté du peuple ivoirien soit respecté, et ont fait appel en faveur du calme et de la responsabilité, de manière à ce qu’il puisse y avoir une passation de pouvoir pacifique.

« Tous ceux qui font usage de la violence pour s’opposer au choix démocratique du peuple ivoirien seront tenus responsables de leurs actions. »

(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV.)