Course à la présidence de l’Eurogroupe : les candidats espagnol et lituanien se retirent
L’Irlandais Paschal Donohoe est désormais le seul candidat en lice. Le vote aura lieu ce lundi 7 juillet dans l’après-midi.
Le ministre espagnol de l’Économie, Carlos Cuerpo, et le ministre lituanien des Finances, Rimantas Šadžius, ont annoncé se retirer de la course à la présidence de l’Eurogroupe ce lundi 7 juillet. L’Irlandais Paschal Donohoe est désormais le seul candidat en lice.
« Après plusieurs jours intenses passés à rassembler de nombreux soutiens parmi les ministres des Finances de l’Eurogroupe, et après de récents contacts au cours des dernières heures, il est apparu que le ministre Cuerpo n’atteignait pas la majorité nécessaire pour garantir le succès de sa candidature », a déclaré lundi le ministère espagnol de l’Économie dans un communiqué.
« Dans le contexte actuel de grands défis pour la zone euro, il est nécessaire de promouvoir l’unité et d’éviter la fragmentation au sein de l’Eurogroupe, un organe clé pour la prise de décisions économiques dans l’Union. Par conséquent, dans un exercice de responsabilité, le ministre a décidé de se retirer afin de favoriser un choix fondé sur le consensus », continue-t-il.
Peu après le retrait du candidat espagnol, le Lituanien Rimantas Šadžius, seul autre candidat en lice, a lui aussi annoncé qu’il ne briguait plus le poste, estimant ne pas bénéficier d’un « soutien suffisant » de la part des autres États membres.
Les deux candidats qui se sont retirés sont tous deux socialistes, tandis que Paschal Donohoe, qui préside les réunions des ministres de la zone euro depuis 2020, est issu du centre-droit.
Dans sa lettre de motivation annonçant sa candidature le mois dernier, Carlos Cuerpo a suggéré que l’Eurogroupe se concentrait actuellement trop sur la « discussion » plutôt que sur l’« action ».
Cette déclaration a été largement interprétée comme une critique de la pratique de Paschal Donohoe, qui consiste à rechercher un consensus entre les États membres avant de faire avancer les dossiers politiques importants, tels que l’intégration des marchés des capitaux.
Carlos Cuerpo a appelé l’Espagne et les autres États membres volontaires à approfondir leurs marchés des capitaux, même sans le soutien des 20 pays de la zone euro.
Avant l’annonce des retraits, la réélection de Paschal Donohoe était déjà largement anticipée par les diplomates de l’UE. De nombreux États membres se méfient profondément du soutien apporté par l’Espagnol à des propositions controversées, notamment le doublement du budget régulier à long terme de l’UE et l’émission de davantage de dette commune européenne pour financer l’augmentation des investissements dans la défense.
Le refus catégorique du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez d’augmenter les dépenses militaires de son pays à 5 % du PIB annuel (3,5 % pour les dépenses de défense et 1,5 % supplémentaires pour les infrastructures), comme convenu lors du sommet annuel de l’OTAN le mois dernier, n’a pas non plus aidé la cause de Carlos Cuerpo, ont déclaré des diplomates.
L’ancien candidat espagnol a ensuite déclaré aux journalistes que Madrid « continuera à contribuer de manière constructive à partir de maintenant pour soutenir la nouvelle présidence ».
Selon des diplomates, Rimantas Šadžius n’était pas considéré comme un rival sérieux pour Paschal Donohoe et n’avait obtenu le soutien d’aucun autre pays de la zone euro.
Créé en 1997, l’Eurogroupe a acquis une importance considérable, voire une certaine notoriété, pendant la crise de la zone euro dans les années 2010, lorsqu’il a pris des décisions cruciales pour préserver l’intégrité de la zone euro, notamment le sauvetage de certains États membres et la réforme du secteur bancaire.
Paschal Donohoe n’est que la quatrième personne à diriger l’Eurogroup depuis sa création. Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker en a été le président de 2005 à 2013, suivi du Néerlandais Jeroen Dijsselbloem jusqu’en 2018, puis du Portugais Mário Centeno jusqu’en 2020.
Le groupe se réunit généralement une fois par mois, habituellement à Bruxelles, afin de coordonner les politiques économiques de la zone euro. Son président est élu pour un mandat de deux ans et demi, renouvelable indéfiniment.
Inés Fernández-Pontes a contribué à la rédaction de cet article.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]