Le format « E6 » mené par Paris et Berlin sera « temporaire », selon le président de l’Eurogroupe
L’initiative franco-allemande visant à rapprocher les plus grandes économies de l’Union européenne est « temporaire » qui pourrait, à terme, profiter à l’ensemble des 27 États membres, a déclaré lundi 16 février le président de l’Eurogroupe.
Kyriakos Pierrakakis, qui préside les réunions informelles des ministres des Finances des 21 pays de la zone euro, a précisé aux journalistes que le vice-chancelier allemand Lars Klingbeil avait assuré ses homologues que le forum « E6 » resterait « transparent » et ne remettrait pas en cause les formats ministériels existants.
« Le vice-chancelier nous a expliqué en détail qu’il s’agissait d’un format informel et temporaire destiné à faciliter la convergence sur les priorités clés déjà en discussion au niveau de l’UE », a ajouté Kyriakos Pierrakakis.
Le groupe E6 rassemble les six plus grandes économies de l’UE — Allemagne, France, Italie, Pays-Bas, Pologne et Espagne.
Une Europe à deux vitesses ?
Lors du sommet informel des dirigeants européens la semaine dernière, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et le président français Emmanuel Macron ont évoqué la possibilité d’une « Europe à deux vitesses » si aucun progrès rapide n’était réalisé sur l’intégration des marchés dans les mois à venir.
Certains responsables présents n’ont toutefois pas pu confirmer que Lars Klingbeil ait qualifié explicitement le format E6 de temporaire. Plusieurs ont néanmoins souligné qu’il avait insisté sur le fait que ce cadre n’entrerait pas en concurrence avec l’Eurogroupe ni avec le Conseil « Ecofin » qui rassemble les ministres des Finances des 27 États de l’UE.
Le Grec Kyriakos Pierrakakis, qui a remplacé en décembre l’Irlandais Paschal Donohoe à la présidence de l’Eurogroupe, a ajouté que le format E6 était « potentiellement positif » car il pourrait « catalyser la convergence » entre les autres États membres.
Ses remarques sont intervenues quelques heures après que l’E6, qui a tenu sa deuxième réunion juste avant l’Eurogroupe de lundi, ait annoncé dans un communiqué qu’il avait « uni ses forces » pour intégrer ses marchés de capitaux et renforcer ses chaînes d’approvisionnement en minéraux stratégiquement essentiels.
La prochaine réunion du groupe E6 se tiendra en marge de la prochaine réunion des ministres des Finances de l’UE les 9 et 10 mars à Bruxelles, a indiqué le groupe, ajoutant qu’elle serait axée sur la défense et le rôle international de l’euro.
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Des avis divergents au sein de l’UE
Roland Lescure, ministre français des Finances, a qualifié le E6 de « moteurs » des efforts de l’UE pour stimuler sa compétitivité, renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement et alléger la règlementation.
« L’Europe est très douée pour avancer, mais nous devons aussi l’aider à avancer plus vite », a déclaré Roland Lescure.
Cependant, certains petits États membres se montrent prudents face à ce format.
« Je préférerais que les pays se réunissent sur des questions où ils partagent un point de vue commun, plutôt qu’une adhésion au club basée uniquement sur la taille », a déclaré Simon Harris, ministre irlandais des Finances.
« Mais voyons où cela nous mènera dans les temps à venir. »