Crise de foie franco-allemande
Dans une lettre adressée à son homologue allemande, le ministre de l’Agriculture reproche aux organisateurs du salon alimentaire de Cologne d’avoir banni le foie gras de ses stands. Le produit ne respecterait pas les critères de bien-être animal.
Dans une lettre adressée à son homologue allemande, le ministre de l’Agriculture reproche aux organisateurs du salon alimentaire de Cologne d’avoir banni le foie gras de ses stands. Le produit ne respecterait pas les critères de bien-être animal.
C’est l’un des plus grands salons mondiaux consacré aux produits alimentaires. Le salon Anuga de Cologne est le rendez-vous des acheteurs et des producteurs du secteur. Pour la prochaine édition, les 8 et 12 octobre prochains, les producteurs de foie gras ont été rayés de la liste des invités.
Alerté par les organisations professionnelles de ce fleuron de la gastronomie française, le ministre français de l’Agriculture, Bruno Le Maire, a pris la plume. Dans une lettre datée du 11 juillet adressée à son homologue allemande, Ilse Aigner, il accuse les organisateurs d’avoir sans fondement cédé à « la pression d’organisations non gouvernementales ».
Bien-être animal
Ces dernières reprochent aux éleveurs français de ne pas respecter le bien-être des animaux dans leurs élevages. Le point névralgique de leur indignation est la technique du gavage des oies, ou des canards, et l’utilisation de tuyaux placés directement dans la bouche de l’animal pour le nourrir plus que nécessaire, et rendre son foie « gras ».
« La France applique rigoureusement toute la règlementation communautaire » en la matière, a argumenté le ministre, faisant référence à la convention européenne sur la protection des animaux dans les élevages, dont la France est signataire.
Le ministre appelle son homologue à intervenir pour faire lever l’interdiction, sans quoi « je ne pourrais pas envisager de participer à l’ouverture de l’Anuga », tranche t-il.
Intérêts commerciaux
L’argument commercial est au cœur de la polémique. Le salon compte près de 6 500 stands et accueille en moyenne 150 000 acheteurs par an.
« Dans une période précédant les fêtes de fin d’année », souligne Bruno Le Maire, l’exclusion de la filière française de foie gras porterait atteinte à ses intérêts financiers.
Pour le président de la Région Midi-Pyrénées, Martin Malvy, « cette interdiction relève de l’hypocrisie la plus manifeste. Les Allemands ont certes mis fin au gavage des animaux sur leur territoire, mais ils n’ont pas pour autant interdit la consommation, ni surtout la transformation par leur industrie agro-alimentaire ».
Le sort du foie gras français à Anuga est maintenant entre les mains de la ministre Allemande.