Dalaï lama : il manque à la Chine une autorité morale [FR]

Le Tibet n’est pas contre le gouvernement chinois, mais il n’y a en Chine ni liberté de parole ni liberté de la presse. C’est ce qu’a indiqué aux eurodéputés le chef spirituel du peuple tibétain, le dalaï lama, hier 4 décembre, déplorant le manque d’autorité morale en Chine.

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Le Tibet n’est pas contre le gouvernement chinois, mais il n’y a en Chine ni liberté de parole ni liberté de la presse. C’est ce qu’a indiqué aux eurodéputés le chef spirituel du peuple tibétain, le dalaï lama, hier 4 décembre, déplorant le manque d’autorité morale en Chine.

Si la Chine est le Tibet sont vraiment amis, alors nous devrions pouvoir être capables de nous pardonner nos fautes, a déclaré le chef spirituel, âgé de 73 ans. Après son discours, il a déclaré aux journalistes que dans la mesure où la Chine fait peu de cas des droits de l’homme et des libertés de religion, d’expression et de la presse, l’image de la Chine, d’un point de vue de l’autorité morale, est très, très faible.

L’harmonie entre les principales religions est absolument possible, car elles enseignent toutes le même message d’amour et de compassion, a déclaré Sa Sainteté aux eurodéputés. Mais un effort spécial sera nécessaire pour y parvenir, a-t-il prévenu, car les guerres sont menées au nom de la religion. 

Sans égard pour le discours qu’il avait préparé, qu’il a demandé aux personnes intéressées de lire ultérieurement, le dalaï-lama s’est plaint du fait que le mode de vie moderne accorde trop d’importance aux valeurs matérielles. Matériellement, nous sommes très riches, a-t-il déclaré, soulignant toutefois que l’un des aspects les plus importants du bonheur est lié à la paix de l’esprit. Trop de stress, d’ambition et d’avidité peuvent détruire la paix intérieure, a-t-il expliqué.  

La visite du dalaï-lama, qui a clôturé l’année européenne du dialogue interculturel 2008, a été assombrie par la querelle qui s’est déclenchée la semaine dernière après que Pékin décide d’annuler un sommet prévu entre l’UE et la Chine en raison de la présence du chef spirituel en Europe.

Sa Sainteté a déclaré aux eurodéputés qu’il ne demandait pas l’indépendance du Tibet, mais une autonomie générale à l’intérieur de la République populaire de Chine (RPC). Les représentants chinois considèrent notre approche comme un mouvement séparatiste, alors que ce n’est pas le cas, a-t-il déclaré, soulignant aux journalistes que c’est totalement faux.  

Le président du Parlement européen Hans-Gert Pöttering a réagi en déclarant que le Parlement reconnaît l’intégrité territoriale de la Chine et que le Tibet est une partie de la Chine. Néanmoins, nous défendrons toujours les droits du peuple tibétain, a-t-il ajouté. 

Les Chinois déforment tellement les informations et la propagande que j’ai la responsabilité d’expliquer le plus possible la vérité aux dirigeants, a poursuivi le dalaï-lama. Chaque Tibétain souhaite le progrès, il est donc dans l’intérêt de chaque tibétain de rester avec la RPC, a déclaré au Parlement le leader en exil, soulignant son attachement à des moyens non violents d’obtenir plus d’autonomie. 

Cependant, tous les commentateurs ne sont pas d’accord avec cette interprétation. Dans son blog, le fondateur de l’European Policy Center, Stanley Crossick, déplore le manque de clarté entourant les intentions du Dalai Lama, en particulier concernant son désir d’une autonomie significative pour le Tibet. De le même ordre d’idée, il appelle Pékin a définir ce que cela signifie lorsque la Chine se réfère au Tibet comme à une région autonome, plutôt qu’à une province.

De plus, M. Crossick pense que la promotion du dialogue entre les cultures et les religions ne peut être l’unique justification à la visite du chef spirituel en Europe. Le fait de le considérer comme un chef religieux n’explique pas pourquoi le chef de seulement 3 millions de fidèles rencontre les leaders européens si souvent, a-t-il déclaré, refusant de croire que les dirigeants et le chef ne parlent que de religion.

Quant à Sa Sainteté elle-même, elle a demandé aux journalistes de ne pas chercher de calcul politique dans chacun de ses mouvements. Les Chinois traitent toujours le moindre de mes mouvements avec beaucoup de suspicion, a-t-il indiqué. Je pense qu’ils verraient même une signification politique lorsque je bois dans ce verre d’eau, a-t-il plaisanté avant de boire une gorgée.