Danemark : l'industrie ouvre le bal des négociations collectives dans un contexte d'incertitudes économiques

Les négociations cruciales sur le travail au Danemark ont officiellement débuté lundi 6 janvier, et devraient impacter 16 % de la population, dans un contexte de demandes d’augmentation des salaires et d’incertitudes économiques.

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Les négociations sur OK25 (Overenskomst 2025 ou « Convention collective 2025 » en français), qui concernent le sort de plus de 850 000 travailleurs dans le pays de cinq millions d’habitants, ont débuté lundi avec le secteur industriel. [Joe Raedle/Getty Images]

Les négociations cruciales sur le travail au Danemark ont officiellement débuté lundi 6 janvier, et devraient impacter 16 % de la population, dans un contexte de demandes d’augmentation des salaires et d’incertitudes économiques.

Les négociations sur OK25 (Overenskomst 2025 ou Convention collective 2025, en français), qui concernent le sort de plus de 850 000 travailleurs dans le pays de cinq millions d’habitants, ont débuté lundi avec le secteur industriel.

« Les salariés de l’industrie ont contribué à tous les résultats fantastiques obtenus par les entreprises danoises du secteur au cours des deux dernières années. Je pense donc que nous sommes un peu en retard », a déclaré Claus Jensen, du syndicat danois des métallurgistes, chargé des négociations, au radiodiffuseur danois DR.

Selon ce dernier, les travailleurs de l’industrie méritent des compensations supérieures à l’inflation actuelle en plus de celles liées à la forte inflation de 2022 et 2023. Les revendications des travailleurs sont claires cette année : les salaires doivent continuer à augmenter plus rapidement que l’inflation.

Les pourparlers s’inscrivent dans le cadre des processus de négociation collective entre les syndicats danois de travailleurs de l’industrie et les organisations d’employeurs en vue de la conclusion de nouveaux accords sur les salaires, les conditions de travail et d’autres modalités pour la période suivante, généralement de trois ans.

Contrairement aux pays où la législation fixe des salaires et des conditions de travail minimums, le Danemark s’appuie fortement sur ces conventions collectives, car il n’existe pas de législation nationale sur le salaire minimum.

Kim Jung Olsen, président du syndicat HK Privat, s’est fait l’écho des commentaires de Claus Jensen. « Si nous n’avons pas besoin d’une augmentation réelle des salaires maintenant, je ne sais pas quand nous en aurons besoin ».

Les employeurs, représentés par Lars Sandahl, directeur de Dansk Industri, ont adopté un point de vue différent. Ils ont évoqué des « nuages noirs à l’horizon » et pointé du doigt l’instabilité économique mondiale et les performances inégales de l’industrie.

« Je pense que nous avons rarement vu autant d’incertitude et un monde aussi turbulent », a fait remarquer Lars Sandahl, qui n’a toutefois pas fermé la porte à une augmentation de salaires.

Toutefois, les représentants des employeurs et des employés conviennent de manière pragmatique que les hausses de salaire ne seront probablement pas exceptionnelles dans le climat économique actuel.

« Nous ne pouvons pas sauver tout le monde », a souligné le dirigeant syndical Claus Jensen, ajoutant que les syndicats doivent évidemment veiller à ce que le plus grand nombre possible d’employés obtienne ce qu’ils méritent à juste titre pour ce qu’ils créent dans les entreprises.

L’une des questions clés des négociations sera également la durée des conventions collectives. Traditionnellement, les conventions de trois ans sont privilégiées au Danemark en raison de leur stabilité et de leur prévisibilité.

Toutefois, le représentant des employeurs Lars Sandahl a suggéré que, compte tenu des incertitudes actuelles, il serait préférable de conclure des conventions plus courtes, d’une durée de deux ans, ce qui permettrait une plus grande flexibilité en période de turbulences.

Les négociations pour les autres secteurs commenceront dans les semaines à venir. Un accord « décisif » pour le secteur industriel est attendu en février, ce qui donnera le ton aux autres conventions collectives.

Une proposition finale de conciliation sera votée en avril. Toutefois, si l’une des parties à la négociation la rejette, des grèves ou des blocages d’usines pourraient s’ensuivre.