David Cameron cherche des alliés potentiellement eurosceptiques

Le premier ministre britannique, David Cameron, s’est entretenu au téléphone hier (14 décembre) avec des dirigeants qui pourraient représenter pour lui des alliés potentiels dans l’Union européenne, afin d’éviter l’isolement après son opposition à la modification du traité de l’UE visant une union budgétaire renforcée des membres de la zone euro.  

EURACTIV.com / Reuters
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Le premier ministre britannique, David Cameron, s’est entretenu au téléphone hier (14 décembre) avec des dirigeants qui pourraient représenter pour lui des alliés potentiels dans l’Union européenne, afin d’éviter l’isolement après son opposition à la modification du traité de l’UE visant une union budgétaire renforcée des membres de la zone euro.
 

La Grande-Bretagne, la troisième économie de l'UE, a décidé de faire cavalier seul au sommet du 9 décembre lors duquel 26 des 27 Etats membres de l'UE, menés par la France et l'Allemagne, on décidé d'élaborer un traité visant une intégration économique renforcée pour sauver l'euro.

M. Cameron, qui a opposé son véto à un accord pris à l'échelle de l'UE après s’être vu refuser les garanties qu'il souhaitait pour les services financiers de la City, s'est entretenu par téléphone avec plusieurs leaders européens ces deux derniers jours, a déclaré son porte-parole.

Il a affirmé que M. Cameron avait parlé mercredi au premier ministre tchèque, Petr Ne?as, et au premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, ainsi qu'au premier ministre irlandais, Enda Kenny, mardi.

La République tchèque et la Suède sont considérées comme les pays les plus indécis à l'idée d'un accord de convergence budgétaire, tandis que l'Irlande craint qu'une taxe paneuropéenne sur les transactions financières ne porte atteinte au secteur dans son pays.

M. Cameron a assuré à tous les dirigeants que la Grande-Bretagne souhaitait que ce nouvel accord porte ses fruits, mais il a affirmé que sans garanties, il était préférable que les 17 pays de la zone euro opèrent en dehors du cadre du traité de Lisbonne, a expliqué son porte-parole.

M. Cameron a affirmé aux autres dirigeants que la « Grande-Bretagne […] voulait trouver une solution qui préserverait le rôle de l'UE et de ses institutions en tant que gardiennes des traités et du marché unique », a-t-il ajouté.

La Grande-Bretagne, qui ne fait pas partie de la zone euro, estime que les institutions européennes, comme la Commission européenne et la Cour européenne de justice, doivent garantir les intérêts des 27 Etats membres et non pas être utilisées pour mettre en oeuvre un nouvel accord visant la zone euro.

Coopération

« Dans chacune de leurs conversations téléphoniques, les dirigeants ont convenu de poursuivre leur étroite coopération sur les questions liées à l'UE, notamment la promotion de l'emploi et de la croissance via le marché unique. Ils ont affirmé que la priorité de l'économie européenne restait de trouver une solution globale et décisive pour lutter contre la dette et accroître la compétitivité », a déclaré le porte-parole.

Plusieurs pays en dehors de la zone euro ayant donné leur accord à un nouveau traité intergouvernemental sur une union budgétaire, y compris la Hongrie, la République tchèque et la Suède, doivent encore recevoir l'aval de leur parlement avant de pouvoir adhérer officiellement à ce projet.

La Suède a déclaré mardi qu'elle ne savait pas encore si elle signerait l'accord, laissant entendre qu'elle pourrait rejoindre la Grande-Bretagne sur ce point.

L'Irlande a fait savoir mercredi que son secteur financier pourraient pâtir du fait que la Grande-Bretagne ne fasse pas partie du projet. La décision des Britanniques pourrait également poser des problèmes politiques au gouvernement irlandais, qui ne souhaite pas soumettre sa participation à la nouvelle union budgétaire à un référendum.

Mercredi soir, M. Cameron s'est également entretenu avec des parlementaires de son Parti conservateur de centre-droit.

Les membres de son parti, pour une bonne part eurosceptiques, ont applaudi sa prise de position, mais le veto qu'il a opposé n'a pas plu à son partenaire junior de coalition, le parti pro-européen des Démocrates libéraux.

Le Guardian a cité un éminent conservateur qui aurait affirmé que M. Cameron avait déclaré qu'il était « hors de question » que la Grande-Bretagne se retrouve seule face aux 26 autres Etats membres de l'UE.

« Il y a un certain nombre d'autres pays qui ne sont pas convaincus par ce à quoi on leur demande d'adhérer », a affirmé cette source. Le porte-parole de M. Cameron a refusé de commenter ces propos.