Débâcle pour les gilets jaunes aux élections européennes

Le mouvement des gilets jaunes a mobilisé moins de 1% des électeurs lors du scrutin européen, alors que  plusieurs listes concouraient le 26 mai.

EURACTIV.fr
Les gilets jaunes lors d’une manifestation le 1er mai à Toulouse (France)
EPA-EFE/FREDERIC SCHEIBER

Le mouvement des gilets jaunes a mobilisé moins de 1% des électeurs lors du scrutin européen, alors que plusieurs listes concouraient le 26 mai.

La mobilisation des gilets jaunes n’aura pas eu lieu dans les urnes dimanche 26 mai. Les listes issues du mouvement contestataire ont récolté moins de 1% des voix des Français.

Selon les résultats définitifs publiés par le ministère de l’Intérieur, la liste Alliance Jaune menée par le chanteur français Francis Lalanne a recueilli 0,54% de voix, soit 122 573 votes. Un score très éloigné du seuil électoral fixé à 5% pour envoyer des élus à Bruxelles.

Autre déconfiture, plus sévère celle-ci, la liste « Évolution citoyenne menée par une des figures médiatiques du mouvement des gilets jaune, Christophe Chalençon, a réalisé un des pires scores des 34 listes participant au scrutin électoral, avec 0,01% des suffrages (2120 voix).

Au-delà de ces deux listes estampillées « gilets jaunes », certains représentants du mouvement avaient décidé de faire cause commune avec des personnalités politiques déjà installées. Mais le choix de l’alliance stratégique n’a pas non plus porté ses fruits.

En effet, le parti souverainiste Debout la France de Nicolas-Dupont-Aignan revendiquait des candidats gilet jaunes, ainsi que les deux partis en faveur du Frexit,  Les Patriotes de Florian Philippot et l’UPR de de François Asselineau. À l’autre bout de l’échiquier politique, le Parti communiste français avait également intégré représentants des gilets jaunes. Mais à l’issue du vote, aucun de ces partis n’a franchi le cap de 5 % nécessaire pour envoyer des élus au Parlement européen.

Pas d’eurodéputés gilets jaunes

Faute d’avoir voté en faveur des listes issues du mouvement, à qui le vote « gilet jaune » a-t-il profité ? Le mouvement contestataire né dans le sillage de l’augmentation de la fiscalité sur le carburant a enchainé les mobilisations depuis 6 mois, poussant Emmanuel Macron à infléchir sa politique.

Sans grande surprise, le vote gilet jaune en faveur de la minorité aura donc été minoritaire. Selon un sondage Ifop réalisé deux jours avant le scrutin,  seulement 4% des personnes proches du mouvement des gilets jaunes ont indiqué vouloir voter pour la liste de la majorité présidentielle.

À l’inverse, 44% des personnes proches du mouvement des gilets jaunes déclaraient qu’elles voteraient en faveur de la liste du Rassemblement national, qui aurait donc été le principal bénéficiaire du vote gilet jaune.

Pour autant, le vote des personnes engagées dans le mouvement n’est pas homogène. D’autres gilets jaunes emblématiques, à l’image d’Ingrid Levavasseur, un temps candidate à l’élection européenne sous la bannière Alliance jaune  avant de jeter l’éponge, a affirmé avoir voté pour la liste Europe-Ecologie Les Verts.

Une occasion ratée

Pourtant, les premiers sondages réalisés sur l’éventuelle participation d’une liste gilet jaune aux élections européennes étaient prometteurs. En décembre, un sondage réalisé par Ipsos créditait une liste gilet jaune de 12% des intentions de vote. Un autre sondage réalisé par Elabe le 23 janvier pour annonçait que 13% des électeurs français étaient prêts à voter gilets jaunes.

Mais les désaccords qui ont miné la création de cette liste auront tué dans l’œuf l’éclosion politique du mouvement. Malgré la débâcle électorale, le mouvement poursuit sa mobilisation. L’acte 28 a eu lieu le samedi, à la veille du scrutin, même si la mobilisation semble s’éroder.