Début rapide des négociations d’adhésion avec l’Islande [FR]

Seulement quelques jours après que l’Islande ait rempli sa demande pour rejoindre l’Union européenne, les ministres européens des Affaires étrangères, qui se réunissent aujourd’hui (27 juillet) à Bruxelles, devraient l’accepter et demander à la Commission européenne de rédiger une opinion.

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Seulement quelques jours après que l’Islande ait rempli sa demande pour rejoindre l’Union européenne, les ministres européens des Affaires étrangères, qui se réunissent aujourd’hui (27 juillet) à Bruxelles, devraient l’accepter et demander à la Commission européenne de rédiger une opinion.

Des diplomates ont affirmé à EURACTIV qu’ils étaient confiants dans le fait que les ministres européens des Affaires étrangères allaient transmettre la candidature de l’Islande à la Commission pour qu’elle rende une opinion, c’est-à-dire un examen approfondi des qualifications du candidat basé sur des réponses à un questionnaire.

La procédure, qui fait suite à la candidature formelle de l’Islande du 16 juillet, progresse beaucoup plus vite qu’avec d’autres candidats, ont fait remarquer les diplomates.

Mercredi (22 juillet), le commissaire européen à l’Elargissement Olli Rehn a remis ce même questionnaire à un autre pays candidat, le Monténégro, qui contient plus de 2 100 questions.

Le Monténégro a rédigé sa demande d’adhésion le 15 décembre 2008, mais le Conseil des ministres de l’UE n’a invité la Commission à soumettre son opinion que le mois dernier, le 23 avril.

Quant à l’Albanie, qui a rempli sa propre demande d’adhésion à l’UE en avril, elle n’a pas vu sa demande suivie d’effet pour le moment.

Il a fallu au mieux 14 mois à la Commission pour rendre son opinion la plus rapide sur un pays candidat, mais dans le cas de l’Islande, Stockholm fait pression pour que l’exécutif européen achève la procédure sous présidence suédoise afin que les négociations d’adhésion puissent démarrer au début de l’année 2010.

Toutefois, un diplomate originaire d’un grand pays de l’UE a déclaré à EURACTIV qu’il serait surpris de voir cette opinion rendue avant la fin de l’année.

Reconnaissant que l’Islande bénéficiait d’une procédure accélérée, un autre diplomate a affirmé à notre site Internet que l’UE souhaitait éviter d’envoyer un signal négatif à certains pays des Balkans occidentaux.

Un diplomate occidental, qui a souhaité rester anonyme, a déclaré que la principale raison pour le retard dans le cas albanais était les prochaines élections en Allemagne, où les principaux partis politiques ne veulent pas d’un débat politique sur ce sujet.

Officiellement, Tirana s’est vu pressée d’achever son propre processus électoral, après que l’opposition ait contesté les résultats des élections nationales qui se sont tenues le 28 juin (EURACTIV 30/06/09).

La France a adopté une position particulièrement dure, expliquant que l’élargissement de l’UE devait être stoppée à moins que le traité de Lisbonne ne soit ratifié (EURACTIV 09/07/09). Mais des diplomates d’origine française ont déclaré que donner le feu vert à la candidature de l’Islande n’était pas problématique, puisque la procédure d’avis prendrait plus longtemps à achever que le processus de ratification de Lisbonne, si tant est que tout se passe sans problème.

Secteur bancaire et pêche, les deux difficultés majeures

Mais les négociations ne seront pas de tout repos pour l’Islande.
Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Maxime Verhagen a récemment déclaré que son pays bloquerait l’adhésion de l’Islande à l’UE si ce pays ne remboursait pas les victimes néerlandaises de la faillite de la banque islandaise, Icesave, une filière en ligne de la banque Landsbanki, de laquelle de nombreux épargnants britanniques et néerlandais attendent des remboursements.

Mais cette question fera partie de l’opinion de la Commission, d’autres diplomates ont expliqué, expliquant qu’aucune objection n’est attendue ni de la part du Royaume-Uni ni de celle des Pays-Bas pour le moment.

D’autre part, un diplomate d’un pays pourvu d’une longue côte maritime a averti que la question de la pêche pourrait ralentir le processus d’adhésion de l’Islande. Il faisait référence aux positions prises par le ministre islandais des Affaires étrangères, Össur Skarphéðinsson, qui a déclaré que Reykjavik n’accepterait pas un accord défavorable avec l’UE concernant sa puissante industrie de la pêche.

Les produits de la mer comptent pour presque la moitié des exportations de l’Islande et représentent 10 % de son produit national brut.

Controverse géorgienne

Lors de leur rencontre, les 27 ministres européens des Affaires étrangères devraient également décider de prolonger la mission d’observation de l’UE en Géorgie de 12 mois supplémentaires.

Les pays européens ne sont pas d’accord sur la question d’intégrer ou non des observateurs américains à la mission européenne, qui contrôle les frontières des régions séparatistes de Géorgie que sont l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, a appris EURACTIV.

La mission a été établie en septembre 2008 (EURACTIV 16/09/09), à la suite de la médiation française après la guerre de cinq jours entre le Russie et la Géorgie en août dernier.

Cette mission est encore plus importante maintenant étant donné que les deux autres missions internationales d’observation dans la région n’ont pas eu la possibilité de continuer leur travail, a déclaré un représentant occidental de haut niveau.

La Russie a récemment mis son veto à l’extension du mandat de la mission d’observation des Nations Unies en Abkhazie (EURACTIV 16/06/09), après avoir au préalable fait obstacle à ce que la mission de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en Géorgie ne se poursuive.

Les Etats-Unis, la Turquie – et selon certaines informations, le Canada et l’Ukraine – ont exprimé leur volonté de contribuer à la mission d’observation de l’UE. Mais certains pays européens traditionnellement proches de Moscou ont refusé une telle éventualité, qui de leur point de vue rendrait encore plus difficile les relations UE-Russie, a appris EURACTIV.

Le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France étaient en faveur de l’incorporation de personnels américains dans la mission, selon un diplomate occidental. Mais un diplomate français a expliqué que de telles discussions étaient prématurées. Paris n’a pas encore exprimé sa position puisque le sujet n’a pas encore été soulevé officiellement, a-t-il dit.