Démenti des Tories sur un éventuel retour au PPE

Malgré des rumeurs persistantes, le parti conservateur britannique au pouvoir a démenti les allégations selon lesquelles il pourrait retourner au sein du groupe de centre droit PPE au Parlement européen. EURACTIV s'est entretenu avec un représentant de premier plan du parti hier (31 mai).

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Malgré des rumeurs persistantes, le parti conservateur britannique au pouvoir a démenti les allégations selon lesquelles il pourrait retourner au sein du groupe de centre droit PPE au Parlement européen. EURACTIV s'est entretenu avec un représentant de premier plan du parti hier (31 mai).

Geoffrey Van Orden, un eurodéputé conservateur de premier plan, a démenti les sous-entendus de l'ancien commissaire européen Chris Patten selon lesquels le leader Tory David Cameron souhaitait retourner dans le courant européen dominant de centre droit

La déclaration de M. Patten est un point de vue personnel peu surprenant et ne reflète en aucun cas la politique des conservateurs, a clairement affirmé M. Van Orden.

De manière plutôt inattendue, les conservateurs britanniques ont quitté le Parti populaire européen (PPE) en 2009 pour former un groupe alternatif et eurosceptique au Parlement européen, le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (ECR).

Ce changement a été critiqué par les commentateurs politiques au Royaume-Uni, qui ont expliqué que les conservateurs s'isolaient du système de prise de décision de Bruxelles.

Chris Patten, lui-même conservateur et président du Groupe de réforme des Tories, une organisation qui promeut un conservatisme progressiste, a déclaré à la BBC qu'il ferait sens pour les Tories britanniques de rejoindre le PPE, une organisation parapluie qui rassemble les partis dirigés par Angela Merkel en Allemagne et Nicolas Sarkozy en France, entre d'autres.

Il a toutefois ajouté que cela ne se ferait pas en un jour car la question n'était pas prioritaire pour le moment.

M. Cameron a choisi de faire ses premières visites à l'étranger à Paris et à Berlin (EURACTIV 19/05/10).  

Les rumeurs selon lesquelles M. Cameron déciderait du retour des Tories au sein du PPE ont circulé depuis que les conservateurs ont été contraints de former un gouvernement de coalition avec les libéraux démocrates (Lib Dem) pro-européens (EURACTIV 31/05/10).

Les rumeurs ont été aussi alimentées par les récents résultats électoraux en République tchèque, où le parti ODS, qui est allié avec les conservateurs au Parlement européen, devrait former une coalition avec deux plus petits partis considérés comme davantage pro-européens (EURACTIV 31/05/10).

Pour pouvoir former un groupe politique, le Parlement européen exige qu'il y ait un minimum de 25 eurodéputés d'au moins sept pays. Comme le groupe ECR rassemble des eurodéputés de seulement sept pays, l'éventuel départ du parti ODS aurait en théorie pour conséquence la dissolution du groupe.

Cependant, à Prague, personne ne semble prêter attention à de telles spéculations pour le moment, d'après EURACTIV.cz.

Contre l'"eurocratie"

M. Van Orden s'est prononcé contre l'utilisation du terme "courant dominant" en référence au groupe PPE. Ce qui peut être considéré comme un courant dominant à Berlin, Paris et Bruxelles, en termes de comportement de la bureaucratie européenne surdimensionnée et des dirigeants politiques, ne l'est pas forcément à Londres, Prague ou Varsovie.

M. Van Orden parle plutôt d'"orthodoxie imposée" de groupes politiques qui se sentent à l'aise avec l'"eurocratie" dominante. Le groupe ECR a été mis en place précisément pour changer cette orthodoxie, a-t-il expliqué.

M. Van Orden a mis en avant le fait que le PPE soutenait fermement l'euro, alors que l'ECR et les Tories en particulier veulent s'assurer que le Royaume-Uni ne rejoindra pas ou ne se prépare pas à rejoindre l'euro à l'occasion de cette législature.

Nous travaillerons évidemment étroitement avec le PPE là où nous avons des intérêts communs, a dit M. Van Orden. Il a toutefois ajouté que le PPE se considérait comme le moteur d'une politique d'intégration plus forte entre les Etats membres, et de règlements européens harmonisés sur les taxes et les finances. Le parti conservateur et l'ECR sont opposés à tout cela, a-t-il insisté.

M. Van Orden a affirmé que le projet de l'ECR était une grande réussite. Il a également affirmé que comme c'est un groupe plus petit, il est plus visible, et a davantage de ressources, car ses membres ont un temps de parole plus élevé, un représentant à la conférence des présidents, et un porte-parole dans les principaux débats.