Dépenses de défense : l’Allemagne veut rassurer les Alliés

Le fonds spécial de 100 milliards d’euros destinés à renforcer les capacités de défense de l’Allemagne ne sera pas affecté par le gel du budget allemand, a annoncé le ministère de la Défense, après que le séisme budgétaire provoqué par la décision d’un tribunal a semé le doute.

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Annual conference of the German Armed Forces Bundeswehr
« L’extension préventive du gel budgétaire au […] fonds spécial de l’armée allemande (Bundeswehr en allemand) a été levée », a annoncé le ministère allemand de la Défense dans une déclaration publiée jeudi dans l’après-midi, tout en soulignant s’être coordoné avec le ministère des Finances sur la question. [EPA-EFE/HANNIBAL HANSCHKE]

Le fonds spécial de 100 milliards d’euros destinés à renforcer les capacités de défense de l’Allemagne ne sera pas affecté par le gel du budget allemand, a précisé le ministère de la Défense jeudi (23 novembre), après le séisme budgétaire provoqué par la décision d’un tribunal qui a jugé inconstitutionnel le transfert en février 2022 de 60 milliards d’euros de dette initialement contractée pour faire face à la crise Covid à d’autres dépenses.

« L’extension préventive du gel budgétaire au […] fonds spécial de l’armée allemande [Bundeswehr] a été levée », a annoncé le ministère allemand de la Défense dans une déclaration publiée jeudi dans l’après-midi, tout en soulignant s’être coordoné avec le ministère des Finances sur la question.

« Cela permet de garantir le financement de projets qui ne sont pas exclusivement couverts par le fonds spécial de la Bundeswehr », ajoute le ministère.

Cette déclaration se veut rassurante, après qu’une communication ambiguë du ministère et des informations diffusées dans les médias concernant la suspension du fonds spécial de la défense ont semé le doute.

La semaine dernière, la Cour constitutionnelle allemande a jugé que la réaffectation par le gouvernement du fonds de soutien Covid-19 au financement de la transition écologique était contraire à la Constitution. Cette décision a immédiatement semé la panique au sein de la coalition au pouvoir, car elle remet en question la planification de son budget.

En urgence, le ministre des Finances, Christian Lindner (FDP, Renew Europe), a donc décidé de suspendre les engagements de dépenses à venir. Même si le fonds spécial de la défense n’était, en principe, pas concerné par le gel, certains postes de dépenses de la Bundeswehr étaient partiellement financés par d’autres sources et auraient pu être indirectement affectés.

Le chancelier allemand Olaf Scholz avait annoncé la création de ce fonds l’année dernière à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et dans le cadre du « Zeitenwende » (tournant), en vertu duquel l’Allemagne souhaitait réinvestir dans ses forces armées après des années de sous-investissement.

Le fonds spécial est également un élément clé du respect des obligations de l’Allemagne au sein de l’alliance militaire de l’OTAN, à savoir consacrer 2 % de son PIB à la défense.

L’annonce de jeudi témoigne de la volonté des responsables allemands de la défense de rassurer les alliés, et de leur souhait de préserver la réputation de l’Allemagne en tant que partenaire fiable.

Avant la publication de la déclaration visant à assurer que les projets ne seraient pas affectés, le ministère s’était empressé de commenter les informations relayées dans les médias sur l’avenir incertain du fonds spécial.

« Le ministère fédéral de la Défense a limité jusqu’à nouvel ordre les autorisations de financement pour [les projets prévus par le fonds spécial dont le financement n’est pas couvert exclusivement par le fonds spécial]. […] Cela offre au [ministère de la Défense] la possibilité de soumettre des demandes au [ministère des Finances] afin de garantir un financement alternatif pour ces projets », avait alors déclaré le ministère.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]