Dernier tour de piste fédéraliste de Jean-Claude Trichet

Lors de sa dernière audition par les eurodéputés, le président de la Banque centrale européenne a défendu son bilan et étrillé la gouvernance actuelle de la zone euro.

EURACTIV.fr
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Lors de sa dernière audition par les eurodéputés, le président de la Banque centrale européenne a défendu son bilan et étrillé la gouvernance actuelle de la zone euro.

Huit ans après sa nomination, Jean-Claude Trichet passait, mardi 4 octobre, une dernière fois l’oral trimestriel devant les membres de la commission Affaires économiques du Parlement européen.

Plus de 2%

Le Français a remercié les parlementaires pour leur collaboration, tout en appuyant là où ça fait mal, c’est-à-dire sur les perspectives économiques et la gouvernance de la zone euro.

Selon l’ancien président de la Banque de France, l’Union européenne est aujourd’hui «l’épicentre de cette crise mondiale» qui est « la pire de l’après-guerre ».

Alors que l’un des principaux objectifs de la BCE est de maintenir l’inflation sous le seuil des 2%, Jean-Claude Trichet a reconnu que, dans les mois à venir, elle resterait au dessus avant de « retomber l’an prochain ». Dans le même temps, « la croissance du PIB réel dans la zone euro sera très modérée».

Prudence

Un député italien lui a demandé s’il avait bel et bien envoyé, au cours de l’été, une lettre au gouvernement italien pour lui demander plus d’effort. Le président de la BCE a reconnu l’envoi de message mais nié toute pression.

Il a fermement défendu son bilan et balayé les critiques : « Toutes nos mesures non conventionnelles sont destinées à rétablir une meilleure transmission de notre politique monétaire (…). Nous avons essayé d’être aussi prudents, circonspects et mesurés que possible ».

Opposé à l’idée que la BCE puisse financer le Fonds européen de stabilité financière, l’économiste reste convaincu que « l’euro est une monnaie crédible », malgré ses « gros, gros problème de gouvernance ».

Saut fédéral

Jean Claude Trichet a profité de cette audience pour esquisser sa vision de l’avenir, ouvertement fédéraliste. « A mon avis, l’Europe devrait accomplir des progrès significatifs vers l’unité politique avec un exécutif et un Parlement dotés tous deux de responsabilités étendues comme dans toute démocratie ».

Enfin il a réitéré son soutien à la création d’un poste de ministre des Finances européen qui « serait responsable pas forcément des grands budgets fédéraux mais certainement d’une économie forte et de la surveillance et gouvernance budgétaire pour le secteur financier, ainsi que de la représentation extérieur de l’union économique et monétaire ».