Des actifs publics grecs comme garanties pour le nouveau renflouement

La Grèce pourrait être forcée d'apporter certaines garanties à la zone euro, sous la forme d'actifs publics, en échange du second renflouement. C'est ce qu'affirme la presse finlandaise ainsi que certaines sources bruxelloises.

Athens Parthenon Greece_Picnik.jpg
Athens Parthenon Greece_Picnik.jpg

La Grèce pourrait être forcée d'apporter certaines garanties à la zone euro, sous la forme d'actifs publics, en échange du second renflouement. C'est ce qu'affirme la presse finlandaise ainsi que certaines sources bruxelloises.

De nombreux pays souhaitent que la Grèce fournisse des garanties en échange de son second renflouement. L'accord initial de la Finlande lui permettant de recevoir 600 millions d'euros en échange de sa participation de 1,4 milliard d'euros sur un renflouement total de 109 milliards serait apparemment menacé. Ce pays scandinave envisagerait aujourd'hui de réclamer des parts dans l'immobilier ou des actifs publics grecs.

Ce paiement anticipé réclamé par la Finlande a été critiqué par le Fonds monétaire international (FMI) et le ministère allemand des finances, les deux fervents défenseurs du renflouement grec.

De nombreuses téléconférences auraient eu lieu pour convaincre les Finlandais d'abandonner cette idée, dans la mesure où certains craignent que d'autres pays se mettent à demander des garanties similaires, ce qui mettrait en péril le renflouement dans son ensemble, ont expliqué des sources à Bruxelles.

« Comme l'accord entre la Finlande et la Grèce n'a pas été accepté par les autres, ce sont tous les membres de la zone euro qui doivent à présent trouver un modèle acceptable », a déclaré hier à la presse la ministre finlandaise des finances, Jutta Urpilainen.

Mme Urpilainen aurait par contre affirmé ce matin que toutes les options de garanties restaient sur la table, ce qui semble en contradiction avec ses déclarations précédentes.

Un groupe de travail sur le renflouement grec, comprenant des représentants finlandais, autrichiens et néerlandais, tenterait d'élaborer différents modèles de garanties. Même si elle a envisagé un accord avec la Finlande, la Grèce est depuis longtemps réticente à l'idée de verser des liquidités en échange d'un renflouement et le groupe de travail de l'UE examine actuellement la possibilité d'utiliser des actifs publics grecs à la place.

« Il n'est pas possible de privatiser tous les actifs d'un seul coup, ça peut prendre des années. Donc nous proposons de confier les actifs à une agence de privatisation et qu'avant de les vendre, on les utilise comme garantie », aurait affirmé un représentant finlandais aujourd'hui.

L'idée des actifs publics grecs est évoquée depuis un petit temps déjà et certaines sources affirment qu'une prise de participation des gouvernements étrangers dans les entreprises de services publics ou les biens immobiliers détenus par l'Etat représenterait une solution plus juste que de demander un versement de liquidités, qui risquerait de remettre Athènes dans la ligne de mire des agences de notation.

La Grèce tente de vendre certains de ses actifs dans le cadre des mesures d'austérité imposées par l'UE et le FMI, mais ils n'ont guère de succès parmi les investisseurs étrangers pour le moment. Le parlement grec tente notamment d'adopter rapidement une loi contestée sur les jeux d'argent afin de pouvoir vendre la loterie nationale, l'OPAP.

« Les actifs publics nous viennent naturellement à l'esprit. Ces garanties ne nous frapperaient pas de plein fouet », a expliqué une source de l'UE à EURACTIV.

D'autres pays s'en sont pris à la Finlande pour avoir tenté de conclure un accord bilatéral sans l'approbation de tous les autres pays impliqués.

« Même si les Pays-Bas ne sont pas de fervents partisans des garanties, nous insistons vivement sur le concept de l'égalité du traitement de tous les pays de la zone euro. Si un Etat membre obtient une garantie, alors les Pays-Bas, tout comme d'autres membres, voudront la même », a affirmé lundi le ministre néerlandais des finances, Jan Kees de Jager, devant le parlement, alors que l'accord finlandais faisait la une des journaux.

M. De Jager a également rejeté les affirmations selon lesquelles l'accord gréco-finlandais était légal.

L'agence de notation Moody's a prévenu lundi que l'accord finlandais pourrait retarder le renflouement de la Grèce et entraver les tentatives du pays de surmonter ses dettes.

Timo Soini, le dirigeant des Vrais Finlandais, un parti nationaliste du parlement, a demandé cette année que les Grecs cèdent une de leurs îles, Rhodes, en échange du concours des contribuables finlandais au sauvetage du pays.

La Grèce a conclu un nouvel accord de sauvetage lors d'un sommet en juillet. Ce renflouement devrait couvrir ses coûts de l'emprunt jusqu'en 2014. En septembre, le pays devrait recevoir la prochaine tranche de huit milliards d'euros de son premier renflouement.

Claire Davenport– Article EURACTIV traduit de l’anglais par Amandine Gillet