Des Britanniques brûlent une effigie de Barroso lors d'une fête locale
L'effigie de l’ancien président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a été réduite en cendres lors d’un grand feu de joie durant la nuit de Guy Fawkes du 5 novembre.
L’effigie de l’ancien président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a été réduite en cendres lors d’un grand feu de joie durant la nuit de Guy Fawkes du 5 novembre.
Chaque année, le 5 novembre, les Britanniques organisent des feux d’artifice et brûlent des effigies lors de grands feux de joie dans le cadre de la fête traditionnelle commémorant la mise en échec de la Conspiration des poudres. Il s’agit de la tentative d’assassinat du roi Jacques Ier par les catholiques.
À cette occasion la Edenbridge Bonfire Society organise l’une des plus célèbres fêtes en plaçant sur le bûcher une personne publique contemporaine particulièrement détestée. Cette année, les organisateurs de la petite ville du Kent ont jeté leur dévolu sur José Manuel Barroso, l’ancien président de la Commission européenne. Un choix certainement motivé par la récente demande de la Commission pour une nouvelle contribution britannique de 2,1 milliards d’euros au budget européen.
Edenbridge Bonfire Society can reveal that our Guy this year is José Manuel Barroso, the exiting President of the EU Commission.
— Bonfire Boy (@TheBonfireBoys) November 5, 2014
José Manuel Barroso, anglophile, est représenté en train de caresser un bouledogue britannique quelque peu intimidé tout en brandissant une liasse de billets d’euros. Parmi les « victimes » qui ont précédé le président de la Commission sur le bûcher, le coureur cycliste américain Lance Armstrong, Cherie Blair, la femme de l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, qui lui-même est passé par le feu, mais aussi l’ancien dictateur Saddam Hussein, ou encore le capitaine de football anglais, Wayne Rooney.
>> Lire : L’UE réclame 2,1 milliards d’euros au Royaume-Uni
La contribution britannique à l’origine du feu
La querelle budgétaire qui a éclaté entre le Royaume-Uni et la Commission au sujet de l’augmentation de la contribution britannique à l’Union s’est aggravée le 27 octobre dernier, lorsque le premier ministre britannique, David Cameron, a réitéré son refus de payer. Le commissaire en charge du budget a alors prévenu que toute négociation en vue de reporter le paiement provoquerait une réouverture des discussions quant au rabais britannique.
Ces 2,1 milliards d’euros représentent un cinquième de la contribution annuelle versée par le pays à l’UE. Les programmes budgétaires d’applications prévoient des rabais pour d’autres pays, comme l’Allemagne et la France, qui éprouve par ailleurs de grandes difficultés pour équilibrer son budget.
>> Lire : La querelle budgétaire s’intensifie entre Bruxelles et le Royaume-Uni
Courroux britannique
Une réunion d’urgence des ministres européens des Finances doit se tenir vendredi pour discuter de la contribution britannique, qui a provoqué une large controverse médiatique outre-Manche.
David Cameron a qualifié de « consternante » la demande européenne pour une nouvelle contribution britannique au budget européen. Une demande qui « n’aidera certainement pas à peser dans la balance pour que le Royaume-Uni reste au sein de l’UE », a-t-il poursuivi.
Le problème UKIP
La Edenbridge Bonfire Society a twitté que le leader du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), Nigel Farage, aurait également pu passer sur le bûcher.
La contribution britannique et l’organisation du bûcher de Barroso arrivent au moment où les électeurs britanniques vont voter lors d’élections partielles, précipitées par le départ de Mark Reckless pour rejoindre la formation de Nigel Farage.
Le 20 novembre, les résultats de l’élection partielle seront suivis de près afin de savoir dans quelles proportions les électeurs traditionnels du parti conservateur se seront ralliés au parti eurosceptique.
Une victoire de UKIP pousserait David Cameron à durcir ses positions vis-à-vis de l’Europe à l’approche des législatives de mai prochain. En outre, le dirigeant des conservateurs s’est engagé pour un référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni au sein de l’UE en 2017, s’il devait être réélu.
La nuit de Guy Fawkes
Le 5 novembre 1605, un complot des catholiques contre le roi Jacques Ier était déjoué. Les catholiques anglais voulaient assassiner le roi protestant en vue de le remplacer par un catholique.
Parmi les conspirateurs, Guy Fawkes avait été attrapé dans un sous-sol entouré de 36 tonneaux de poudre. Il avait ensuite été torturé puis exécuté d’une façon particulièrement monstrueuse. Ses complices ont été également pendus, éviscérés et écartelés.
Depuis lors, il est de tradition de faire des grands feux de joie et de tirer des feux d’artifice pour célébrer la mise en échec du projet d’assassinat du roi par les catholiques.