Des élus Renaissance demandent la suppression de l’incitation à la haine dans les manuels scolaires palestiniens
Des députés de la majorité souhaitent conditionner des aides à la Palestine en matière d’éducation à la suppression des « références à la violence, à l’appel à la haine, à l’antisémitisme et au culte du martyr » des manuels palestiniens. Cela avait déjà été exprimé par le Parlement européen à plusieurs reprises.
Des députés de la majorité souhaitent conditionner des aides à la Palestine en matière d’éducation à la suppression des « références à la violence, à l’appel à la haine, à l’antisémitisme et au culte du martyr » des manuels scolaires palestiniens. Une demande déjà exprimée par le Parlement européen à plusieurs reprises, restée pour l’heure sans conséquences.
« Les enfants palestiniens disposent, comme tous les enfants du monde, du droit de considérer la vie comme précieuse et les relations pacifiques avec tous les peuples comme des valeurs essentielles », indique la proposition de résolution, vue par Euractiv France.
Signée par une cinquantaine de députés du groupe de la majorité présidentielle Renaissance, la proposition a été déposée jeudi soir (12 octobre) par la députée de Paris Caroline Yadan, qui portera le texte. Elle doit être publiée sur le site de l’Assemblée nationale dans les jours à venir.
« Endoctrinement »
« De nombreux manuels scolaires palestiniens contiennent des messages de haine et d’antisémitisme, qui vont à l’encontre des normes de l’UNESCO », ajoute le texte. Une vingtaine d’extraits de ces manuels, « quelques exemples parmi des centaines d’autres », sont listés.
Les signataires déplorent que « de nombreux enfants palestiniens [fassent] l’objet d’un endoctrinement à la haine et à la violence, notamment par la glorification du statut de “martyr” et l’appel à l’assassinat des juifs au nom du Prophète ». « Il s’agit là d’une forme de maltraitance et d’un abus des droits de l’enfant », plaident-ils.
Le contenu de ces manuels a déjà été pointé par plusieurs instances supranationales, dont l’Institut de Surveillance Paix et Tolérance culturelle dans l’Éducation scolaire (IMPACT-se) et le Comité des Nations Unies pour la discrimination raciale (CERD). Ce dernier « fait état de matériel antisémite, de discours de haine, et d’incitation à la violence dans les manuels de l’Autorité palestinienne enseignés et utilisés par l’UNRWA », rappellent les auteurs de la proposition de résolution.
Un problème déjà soulevé par les eurodéputés
En mai 2023, le Parlement européen avait également recommandé à l’UE de veiller à ce que l’Autorité palestinienne réforme « rapidement » ses programmes scolaires et le gel des financements en matière d’éducation jusqu’à la suppression des références antisémites et d’incitation à la haine : « Le soutien financier de l’Union à l’Autorité palestinienne dans le domaine de l’éducation doit être fourni à condition que le contenu des manuels scolaires soit aligné sur les normes de l’UNESCO », indiquaient les eurodéputés à l’époque.
Le Parlement européen s’était déjà inquiété du même problème « à plusieurs reprises [dans] les résolutions accompagnant les décisions de décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour les exercices 2016, 2018, 2019 et 2020 ».
Le Royaume-Uni, la Norvège et la Belgique ont d’ailleurs déjà procédé à la suspension de leurs financements destinés à l’Autorité palestinienne dans le domaine de l’éducation, pointent les députés français signataires de la résolution.
Dès lors que des fonds provenant d’États membres européens servent à financer le système éducatif palestinien, les députés signataires de la proposition de résolution appellent à un gel de « toute aide ou financement envers l’Autorité palestinienne dans le domaine de l’éducation ».
Ils invitent le gouvernement français à « subordonner la reprise de ce financement à la suppression effective de toute référence à la violence, à l’appel à la haine, à l’antisémitisme et au culte du martyr ».