Des milliers de Géorgiens ont manifesté après le résultat contesté des élections législatives

Des milliers de Géorgiens se sont rassemblés à Tbilissi lundi 28 octobre, alors que l’opposition unie du pays a annoncé son intention de renverser le résultat très contesté des élections législatives.

EURACTIV.com
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Appel au rassemblement par l'opposition géorgienne à Tbilissi, lundi 28 octobre. [Alexandra Brzozowski/Euractiv]

Des milliers de Géorgiens se sont rassemblés à Tbilissi lundi 28 octobre, alors que l’opposition unie du pays a annoncé son intention de renverser le résultat très contesté des élections législatives.

Les manifestants, arborant des drapeaux géorgiens et européens, certains brandissant des bannières anti-Russie, se sont rassemblés devant le parlement dans le centre de la capitale géorgienne, avec le mot « volé » projeté sur la façade du bâtiment.

Un jour plus tôt, la présidente pro-occidentale du pays, Salomé Zourabichvili, et les quatre partis de l’opposition ont rejeté la victoire électorale du parti conservateur le Rêve géorgien.

« Vous n’avez pas perdu les élections. On vous a volé votre vote et on a essayé de vous voler votre avenir », a déclaré Salomé Zourabichvili face à la foule.

« Ensemble, pacifiquement, comme nous le faisons aujourd’hui, nous défendrons ce qui nous appartient : votre droit constitutionnel à ce que votre vote soit respecté », a-t-elle ajouté.

Dans un entretien avec Euractiv à Tbilissi après les élections de ce week-end, et avant les manifestations, la présidente géorgienne a appelé à un nouveau scrutin, cette fois-ci sous la surveillance de la communauté internationale.

« Ces élections doivent être corrigées, soit par le biais d’une enquête, qui n’est pas ouverte et pour laquelle nos partenaires européens peuvent peut-être nous aider, soit par le biais de nouvelles élections », a-t-elle soutenu.

Décrit par les observateurs internationaux comme entaché d’importantes irrégularités, l’Union européenne (UE) et les États-Unis ont soutenu les appels à une enquête indépendante sur le scrutin.

Le Premier ministre du parti au pouvoir, Rêve géorgien, Irakli Kobakhidze, a de son côté rejeté les allégations de fraude électorale et de violence, ainsi que les appels au boycott lancés par les législateurs de l’opposition.

Les quatre partis de l’opposition ont annoncé qu’ils n’entreraient pas dans le nouveau parlement lundi soir.

« Nous ne reconnaissons pas la légitimité de ce parlement », a déclaré à la foule Tina Bokuchava, leader du parti d’opposition Mouvement national uni.

« Nous ne reconnaissons pas les élections truquées ; nous refusons nos mandats ; publions les listes [électorales] et exigeons de nouvelles élections jusqu’à la victoire », a-t-elle ajouté.

Bien que des milliers de Géorgiens aient suivi l’appel à manifester, leur participation était moins importante que lors des manifestations organisées en début d’année pour protester contre l’introduction de la « loi sur les agents étrangers » de Rêve géorgien, qui s’inspire de celle du Kremlin.

Alors que les manifestations se sont dispersées dans le calme lundi soir, les représentants de l’opposition géorgienne ont annoncé qu’ils décideraient d’autres actions dans les jours à venir.

Treize ministres européens ont condamné la « violation des normes internationales » lors des élections législatives contestées en Géorgie, les qualifiant d’« incompatibles avec les normes attendues d’un candidat [à l’adhésion à l’UE] » dans une déclaration commune.

« Les observateurs internationaux ont signalé des violations pendant la campagne électorale ainsi que le jour de l’élection. […] Nous condamnons toute violation des normes internationales en matière d’élections libres et équitables », peut-on lire dans la déclaration commune.

Ces derniers ont également déclaré qu’ils « critiquaient la visite prématurée du Premier ministre hongrois Viktor Orbán en Géorgie » pour soutenir le gouvernement de Rêve géorgien au pouvoir.

Viktor Orbán, premier dirigeant européen à féliciter le Rêve géorgien pour sa victoire, est arrivé à Tbilissi lundi 28 octobre, pour une visite controversée de deux jours.

Juste avant la manifestation, il a été aperçu à proximité d’un hôtel proche du lieu où l’opposition avait organisé des pourparlers, et a été hué par une foule de manifestants rassemblés devant l’hôtel.

Le Premier ministre hongrois n’a « aucun mandat du Conseil européen » pour se rendre en Géorgie, a souligné la porte-parole de l’UE pour les affaires étrangères, Nabila Massrali, à la presse à Bruxelles.