Des prévisions de récolte prometteuses laissent présager une baisse du prix de l’huile d’olive

Selon les experts, une meilleure récolte d’olives est attendue cet automne chez les principaux producteurs de l’Union européenne (UE), et pourrait mettre un terme à la flambée des prix de l’huile d’olive observée en début d’année.

EURACTIV.com
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Les prix de l’huile d’olive dans l’UE ont atteint des niveaux record en janvier dernier, augmentant jusqu’à 50 % par rapport à l’année précédente et entraînant des changements significatifs dans les choix des consommateurs. [Shutterstock/Itxu]

Selon les experts, une meilleure récolte d’olives est attendue cet automne chez les principaux producteurs de l’Union européenne (UE), et pourrait mettre un terme à la flambée des prix de l’huile d’olive observée en début d’année.

Les prix de l’huile d’olive dans l’UE ont atteint des niveaux record en janvier 2024, jusqu’à 50 % d’augmentation par rapport à l’année précédente et entraînant des changements significatifs dans les choix des consommateurs.

La saison 2023/2024 a été marquée par des températures élevées, la sécheresse et la hausse des coûts de l’énergie, qui ont mis le marché à rude épreuve.

« Les prix de l’huile d’olive dans tous les pays producteurs ont presque doublé au cours des deux dernières années », affirme à Euractiv Dimitra Aliefs, économiste et membre de la Société scientifique des encyclopédistes de l’oléiculture (4E).

Même si les prix ont baissé depuis janvier, ils restent environ 20 % plus élevés que l’année dernière, selon les données publiées le mois dernier par le Conseil oléicole international (COI).

« [Cependant], les prévisions pour la récolte d’olives de la saison 2024/2025 sont bien meilleures, surtout en Espagne », indique Dimitra Aliefs.

L’Espagne produit 45 % de l’huile d’olive mondiale et 70 % de l’huile d’olive de l’UE. Ses rendements influencent donc les prix dans le reste de l’Union. De même, l’économiste fait état de prévisions de récolte prometteuses en Grèce, troisième plus grand producteur européen.

Rafael Picó, directeur de l’Association espagnole de l’industrie et de l’exportation des huiles d’olive (Asoliva), dresse également un tableau optimiste à Euractiv. Il explique notamment que les pluies printanières en Espagne ont grandement profité aux oliveraies et que les coûts de production reviennent progressivement à la normale.

Mais il faudra du temps pour que l’amélioration des rendements ait un impact sur les prix.

« Bien que la production commence le 1er octobre, [le nouveau stock] ne sera pas disponible sur le marché national avant la fin du mois de novembre, et sur le marché international avant la fin du mois de décembre ou janvier », mentionne Rafael Picó.

Selon Dimitra Alief, le prix des olives devrait passer de près de 9 euros le kilo ces derniers mois à un prix « normal » de 5 à 6 euros le kilo.

L’huile de tournesol détrône l’huile d’olive

En Espagne, où l’huile d’olive joue un rôle économique et culturel majeur, les ménages ont délaissé leur « or liquide » bien-aimé au profit de l’huile de tournesol, plus abordable, devenue l’huile la plus vendue dans le pays au début de l’année 2024, pour la première fois depuis des décennies.

« Lorsque les prix sont aussi élevés, les consommateurs sont obligés de se tourner vers des produits de substitution », développe l’économiste et membre de 4E. C’est ainsi que l’huile de tournesol, moins chère, a trouvé sa place dans les cuisines méditerranéennes traditionnellement attachée à l’huile d’olive, ajoute-t-il.

De son côté, Rafael Picó souligne l’impact de la hausse des prix sur les ventes européennes à l’étranger, avec une chute d’environ 40 % en termes de volume des exportations espagnoles d’huile d’olive au premier semestre 2024 par rapport à 2022.

« [Il y a] des marchés qui se sont effondrés », confirme-t-il, prenant l’exemple des pays asiatiques, où l’attrait de l’huile d’olive est étroitement lié à son prix et où les huiles végétales alternatives sont très compétitives.

En revanche, Rafael Picó précise que les pays avec un revenu par habitant plus élevé, tels que les États-Unis, sont restés « plus fidèles » au produit.

[Édité par Anna Martino]