Des soldats de la paix de l’OTAN attaqués par des Serbes du Kosovo

  Au moins cinq Serbes du Kosovo et un soldat de l’OTAN ont été blessés lors d’un échange de coups de feu aujourd’hui (1er juin), alors que les soldats de la paix tentaient de lever un barrage routier serbe qui bloquait le trafic, a rapporté un témoin à Reuters.

EURACTIV.com / Reuters
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Au moins cinq Serbes du Kosovo et un soldat de l’OTAN ont été blessés lors d’un échange de coups de feu aujourd’hui (1er juin), alors que les soldats de la paix tentaient de lever un barrage routier serbe qui bloquait le trafic, a rapporté un témoin à Reuters.

Les troupes de l'OTAN, la KFOR, ont utilisé du gaz lacrymogène et des armes légères contre des manifestants qui ont riposté avec des armes de poing.

Des centaines de Serbes ont affronté à coups de pierre les troupes de la KFOR dans des véhicules blindés proches d'une barricade érigée aux abords de Zve?an, une ville située au nord du Kosovo, une région à majorité serbe.

« Un soldat de la KFOR a été blessé et évacué. Il se trouve dans un état stable », a déclaré le porte-parole de l'OTAN au Kosovo, Uwe Nowitzki.

« La KFOR se défendra si nécessaire », a-t-il ajouté, sans entrer dans les détails.

Le Kosovo, peuplé à 90 % de citoyens d'ethnie albanaise, a pris son indépendance de la Serbie en 2008. Les Serbes restent toutefois bien présents au nord du pays qui continue de fonctionner comme une province serbe et résiste aux tentatives du gouvernement kosovar d'imposer son autorité.

Dragiša Milovi?, le maire de Zve?an, à environ 60 km de la capitale, Pristina, a affirmé que la KFOR avait refusé de laisser le personnel médical serbe soigner les blessés d'ethnie serbe.

« Un commandant [de la KFOR] m'a dit qu'ils avaient le droit d'utiliser la force contre quiconque jetterait une pierre ou utiliserait une arme », a-t-il confié à Reuters.

M. Milovi? a affirmé qu'il avait demandé aux Serbes de se retirer pour rétablir le calme.

Les Serbes du Kosovo ont levé des barricades aux frontières avec la Serbie l'an dernier, après que les autorités à Pristina et la mission EULEX de l'Union européenne ont tenté d'établir leur présence sur place.

Un policier kosovar a été tué dans une embuscade et plusieurs civiles et membres des troupes de l'OTAN ont été blessés lors des heurts qui secouent la région depuis plusieurs mois.

Plus tôt cette année, Belgrade a tenté d'apaiser ses relations avec le Kosovo en acceptant d'ouvrir les postes-frontière et de collaborer avec Pristina pour les permis de conduire, l'enregistrement foncier et les diplômes dans le but de favoriser son adhésion à l'Union européenne.

Le gouvernement serbe pro-occidental de l'époque avait accusé les nationalistes des quatre municipalités serbes du nord du Kosovo d'alimenter les tensions en amont des élections législatives et présidentielles de mai dernier en Serbie. Ces élections ont d'ailleurs propulsé l'homme de droite Tomislav Nikoli? au pouvoir.

M. Nikoli? a prêté serment jeudi (31 mai) et a promis de maintenir la candidature de la Serbie à l'UE. Il a toutefois précisé qu'il ne renoncerait jamais au Kosovo.

L'indépendance du Kosovo a été reconnue par 90 pays, dont les Etats-Unis et 22 des 27 Etats membres de l'UE.