Difficultés d’accès au crédit pour les PME françaises [FR]

Les petites entreprises françaises bataillent pour obtenir des prêts, en dépit de l’injection de plusieurs milliards dans les banques. Nombre d’entre elles pourraient tomber en faillite cette année, faute de liquidités de moins de 10 000 euros, a déclaré mardi (21 juillet) le principal syndicat de petites entreprises.

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Les petites entreprises françaises bataillent pour obtenir des prêts, en dépit de l’injection de plusieurs milliards dans les banques. Nombre d’entre elles pourraient tomber en faillite cette année, faute de liquidités de moins de 10 000 euros, a déclaré mardi (21 juillet) le principal syndicat de petites entreprises.

Les détaillants, et en particulier les petits magasins de vêtements et les sociétés de transport, sont parmi les plus durement touchés selon Jean-Eudes du Mesnil, secrétaire général de la CGPME. 

Le gouvernement a aidé le système bancaire, donc il est difficile de croire que les banques aient rendu l’accès au crédit plus difficile pour les petites sociétés, a-t-il dit. 

Les banques affirment recevoir moins de demandes des entreprises, mais quand on regarde les chiffres (de la demande), on se rend compte que quelque chose ne fonctionne pas.

Le président Nicolas Sarkozy a créé deux instruments avec un budget potentiel de 360 milliards d’euros pour améliorer la liquidité du secteur bancaire lors de la crise financière. Il a aussi nommé un médiateur du crédit, René Ricol, pour s’assurer que les banques transmettraient bien le financement aux entreprises.

La Banque centrale européenne a aussi versé des fonds dans le système financier. Tard dans le mois, elle a prêté 442 milliards d’euros du fonds annuel à faible taux d’intérêt, la plus grosse injection de liquide de son histoire. 

Mais selon les analystes, cette liquidité supplémentaire ne résoudra pas les problèmes sous-jacents des banques en matière de prêts, qui touchent d’une part à leur permanente nervosité sur les « actifs toxiques » de leur livres de compte et d’autre part à la reconstitution du capital entamé par la crise du crédit. 

Les banques affirment aussi qu’on ne peut s’attendre à ce que qu’elles réduisent les risques et en même temps allongent les prêts durant une récession. Les fonctionnaires de la BCE ont affirmé s’inquiéter du fait que les fonds de relance ne parviennent pas sur les feuilles de compte des sociétés. 

Selon le bureau national des statistiques français, l’INSEE, les faillites de sociétés ont augmenté de 1,1 % en janvier, le dernier mois pour lequel des données sont disponibles.

Il s’agit souvent des très petites sociétés : quand elles n’ont pas 5 000 ou  6 000 euros, elles doivent mettre la clé sous la porte, a déclaré M. du Mesnil. Il leur faut de l’argent parce qu’un ou deux clients ne payent pas ou demandent un délai – une situation qui se répète sans cesse ; quand les banques n’agissent pas, ces sociétés n’ont pas d’autre choix que de fermer.

Les entreprises qui ont connu une forte baisse des commandes ont aussi besoin de liquidités jusqu’à ce que la demande reprenne, a-t-il dit.

Ce que nous craignons, c’est qu’à l’automne beaucoup d’entreprises aient consommé leurs liquidités et continuent à voir leurs commandes baisser, ce qui serait très mauvais en terme d’emploi, a-t-il commenté.

Depuis que le médiateur du crédit, René Ricol, a débuté sa tâche en novembre dernier, 66 % des 13 442 requêtes ont été couronnées de succès, selon son bureau.

La CGPME souhaite que le poste de M. Ricol, qui a été créé à l’occasion de la crise financière, soit pérennisé. Elle désire d’autre part que le détenteur de cette fonction ait le pouvoir de forcer les banques à écrire aux entreprises pour leur expliquer les raisons du refus d’un prêt.

(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV.)