Donald Tusk critiqué pour des remarques sur un retrait de la CEDH
Le Premier ministre polonais est sous le feu des critiques pour avoir suggéré que les pays incapables de se mettre d’accord sur les réformes de la Convention européenne des droits de l’Homme pourraient envisager de s’en retirer.
VARSOVIE — Dans une interview récemment accordée au Sunday Times, Donald Tusk décrit l’immigration et ses conséquences culturelles comme des défis majeurs pour l’Europe occidentale, affirmant que « l’interprétation stricte et de plus en plus large » de la CEDH faisait partie du problème.
« Si les 46 signataires ne parviennent pas à se mettre d’accord sur une réforme, le retrait est une solution raisonnable », a-t-il affirmé.
Par la suite, le porte-parole du gouvernement, Adam Szłapka, a néanmoins insisté sur le fait que la Pologne « n’a pas l’intention de dénoncer la Convention » et que les propos du Premier ministre « ne se référaient pas à la Pologne ».
Ces commentaires ont toutefois suscité des critiques au sein de la coalition au pouvoir.
La députée de gauche Anna-Maria Żukowska a accusé Donald Tusk de saper « les fondements de l’Europe moderne », notant que même l’opposition n’appelait plus à se retirer des traités internationaux.
« Le Premier ministre veut rompre avec les fondements de l’Europe moderne », a-t-elle ajouté.
La CEDH est chargée de veiller au respect de la Convention européenne des droits de l’Homme dans les 46 pays membres du Conseil de l’Europe. Ses décisions influencent de manière significative le cadre juridique de ces pays dans différents domaines, comme l’asile ou la vie privée par exemple.
Plus tôt cette année, la Pologne a cosigné une lettre portée par le Danemark et l’Italie accusant la Cour basée à Strasbourg d’outrepasser son mandat et de protéger les criminels plutôt que les victimes.