Donald Tusk inscrit la crise grecque au programme du Sommet

Le président du Conseil, Donal Tusk, a décidé de convoquer une réunion de dernière minute sur la crise grecque lors du Sommet européen des 19 et 20 mars, face à l'absence d'avancées ces dernières semaines. 

EURACTIV.com
Donald Tusk,  président du Conseil depuis le 1er décembre 2014 [European Council]
Donald Tusk, président du Conseil européen, prône l'unité de l'UE. [[European Council]]

Le président du Conseil, Donal Tusk, a décidé de convoquer une réunion de dernière minute sur la crise grecque lors du Sommet européen des 19 et 20 mars, face à l’absence d’avancées ces dernières semaines. 

Le sommet européen initialement consacré à l’Union de l’énergie et aux crises internationales (Libye, Ukreaine, etc.) devra également s’occuper du dossier grec, qui s’est invité à l’agenda européen. 

Donald Tusk a dû réfléchir à la façon d’intégrer les négociations entre la Grèce et la zone euro, principalement représentée par l’Allemagne, au programme.

À la demande du Premier ministre grec Alexis Tsipras, la réunion rassemblera la chancelière allemande, Angela Merkel, le président françaisFrançois Hollande, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker et le président de l’EurogroupeJeroen Disselbloem.

La question a fait débat hier à Bruxelles où la guerre des mots entre les deux parties a atteint son apogée.

La Grèce arrive rapidement au bout de ses liquidités, et ses partenaires de la zone euro refusent de venir financièrement à son secours avant d’avoir la preuve que le pays met en place des réformes.

>> Lire : Accord à l’arrachée entre la Grèce et l’Eurogroupe

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a déclaré la semaine dernière que la Grèce pourrait sortir accidentellement de la zone euro si ses dirigeants ne parviennent pas à négocier de nouveaux prêts.

« L’Union européenne n’est pas prête accepter n’importe quoi pour garder la Grèce dans la zone euro », a déclaré Pierre Moscovici, le commissaire en charge des Affaires économiques et financières dans une interview le 18 mars.

« L’Eurogroupe veut absolument que la Grèce reste dans la zone euro, mais les accidents financiers peuvent arriver. Notre devoir n’est toutefois pas de déclencher, mais d’éviter ce type d’accident », a estimé Pierre Moscovici au journal allemand Die Welt.

« Nous n’accepterons pas n’importe quoi pour que la Grèce reste dans la zone euro, mais nous imposerons des conditions très strictes et acceptables pour les deux parties », a insisté Pierre Moscovici, ajoutant qu’un possible troisième plan d’aide devra être différent des précédents.

>> Lire : Un nouveau plan d’aide à la Grèce « très probable » pour le ministre de l’Economie espagnol

Le 17 mars, les autorités grecques ont affirmé qu’Athènes ne cèderait pas au « chantage » au sujet de la crise de la dette.

D’après Pierre Moscovici, une sortie de la Grèce de la monnaie unique provoquerait de graves dégâts politiques. « Tout le monde se demanderait, ‘ qui est le prochain sur la liste ? ‘ », a-t-il continué.

La réunion organisée par Donald Tusk a été fixée suite à une série de briefings diplomatiques organisés avant le sommet durant lesquels les États membres se sont montrés inquiets par le manque d’avancées sur la question grecque depuis l’arrivée du gouvernement Syriza en janvier et par le manque de délai pour régler ce problème.

« Tous les jours Athènes nous dit quelque chose de différent. Depuis qu’Alexis Tsipras est au pouvoir, il n’y a presque plus d’argent dans les caisses, et aucun progrès n’a été fait. La patience a ses limites », a indiqué un diplomate européen.

>> Lire : Tsipras affirme que la Grèce n’est pas à court d’argent

Tout est fait pour garder la situation sous contrôle, a déclaré une autre source diplomatique. À la question : la situation grecque peut-elle être maitrisée ? Il a toutefois répondu : « Ce n’est pas à nous de le juger, mais aux Grecs. »

Le ministre grec des Finances et grand stratège, Yanis Varoufakis, semble avoir utilisé toutes les cordes à son arc. Étant donné qu’aucune partie ne semble vouloir fléchir, la réunion de ce soir (19 mars) sera observée de près pour déterminer quelles seront les prochaines étapes de la crise.