Droits de douane : Donald Tusk minimise les menaces américaines à l'encontre de l'UE et assure que la Pologne est prête

Le Premier ministre polonais Donald Tusk, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne (UE), ne voit pas de raison immédiate de craindre d’éventuels droits de douane américains sur les produits de l’UE.

EURACTIV Pologne
Polish PM Donald Tusk’s Press Conference.
« Je ne peux pas imaginer que cette déréglementation, qui est censée faciliter la vie et créer plus d’espace pour les entrepreneurs polonais — des plus petites entreprises à celles qui disposent de ressources importantes — soit juste un processus bureaucratique », a déclaré le Premier ministre, expliquant sa décision de nommer un entrepreneur à ce poste. [Getty Images/NurPhoto]

Le Premier ministre polonais Donald Tusk, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne (UE), ne voit pas de raison immédiate de craindre d’éventuels droits de douane américains sur les produits de l’UE. Il a reconnu que la question est préoccupante, mais a souligné que la Pologne était prête à faire face à différents scénarios.

Donald Trump a annoncé depuis longtemps son intention d’imposer des droits de douane sur les produits européens. Une mesure qui, une fois mise en œuvre, pourrait fortement impacter les échanges commerciaux entre l’UE et les États-Unis, qui atteignent actuellement un niveau record.

« Vous êtes certainement préoccupés par les événements récents — l’annonce par Donald Trump de droits de douane élevés sur les produits de l’Union européenne, y compris la Pologne, mais aussi l’intensification des combats en Ukraine, la montée des forces radicales pro-Poutine en Europe, ou encore l’immigration illégale », a énuméré le Premier ministre polonais lors d’une allocution publique sur X.

« Certes, il y a des raisons de s’inquiéter, mais pas de craindre. Ici, en Pologne, nous avons une bonne réponse à ces crises », a-t-il affirmé.

Donald Tusk a rappelé que la Pologne connaît une croissance économique continue et sans précédent, et que le pays dispose d’une armée moderne et bien équipée. Il a également souligné que le gouvernement a repris le contrôle des frontières et des eaux territoriales du pays, qu’il poursuit une politique migratoire « intelligente, mais ferme » et qu’il mène une politique étrangère « efficace ».

Selon le Premier ministre polonais, ces efforts ont permis à Varsovie d’accéder à un « véritable leadership » en Europe. La Pologne occupe actuellement la présidence tournante du Conseil de l’UE pour une durée de six mois, qui doit s’achever en juin.

Selon l’Agence polonaise pour l’investissement et le commerce (PAIH), les États membres de l’UE ont exporté pour 502 milliards d’euros de marchandises vers les États-Unis en 2023, tandis que les importations des États-Unis vers l’UE se sont élevées à 344 milliards d’euros.

Si l’on tient compte des 11 premiers mois de l’année 2024, les exportations polonaises vers les États-Unis ont atteint 10,6 milliards d’euros, soit une augmentation de 5,4 % par rapport à la même période l’année précédente, selon les données de la Chambre nationale de commerce.

La Commission européenne a déclaré dimanche qu’elle « regrettait » la décision de Donald Trump d’imposer des droits de douane globaux au Canada, au Mexique et à la Chine samedi, ainsi que les menaces d’intenter des mesures similaires à l’encontre de l’UE.

« Notre relation commerciale et d’investissement avec les États-Unis est la plus importante au monde. L’enjeu est de taille », a insisté un porte-parole de la Commission, ajoutant que les droits de douane « créent des perturbations économiques inutiles et alimentent l’inflation », et « qu’ils sont préjudiciables à toutes les parties ».

L’espoir d’un « président polonais sage et amical »

Dans sa déclaration, Donald Tusk a également fait référence aux prochaines élections présidentielles prévues pour le 18 mai, affirmant que la Pologne pourrait bientôt avoir un président sage, indépendant, fort, mais amical. « Tout est entre nos mains. Nous sommes préparés à différents scénarios », a-t-il réagi.

Pour le gouvernement de Donald Tusk, l’élection présidentielle est un enjeu considérable. Son camp politique, la Plateforme citoyenne (PPE), a la possibilité de prendre le contrôle total de la Pologne, ce qui accélérerait considérablement les réformes prévues après la victoire du parti aux élections législatives de 2023.

Actuellement, certaines lois sont bloquées par le président sortant Andrzej Duda, accusé de loyauté envers son ancien parti, le PiS (CRE). La Constitution interdit toutefois à Andrzej Duda de briguer un troisième mandat.

Le candidat du parti de Donald Tusk est l’actuel maire de Varsovie, Rafał Trzaskowski, qui a perdu de peu face à Andrzej Duda au second tour de l’élection présidentielle de 2020.