EADS réorganise son actionnariat
Le groupe d'aérospatiale et de défense effectue une mue inédite depuis sa création en 2000. La France et l'Allemagne vont réduire leur participation dans le capital tout en conservant une large influence.
Le groupe d’aérospatiale et de défense effectue une mue inédite depuis sa création en 2000. La France et l’Allemagne vont réduire leur participation dans le capital tout en conservant une large influence.
L’entreprise européenne EADS a annoncé, mercredi 5 décembre, une profonde réorganisation de son actionnariat. Cet accord intervient moins de deux mois après l’échec de la tentative de fusion avec son concurrent britannique BAE Systems.
Pour la première fois, l’Allemagne va entrer directement au capital du groupe d’aérospatiale et de défense.
Capital flottant en augmentation
La participation cumulée des Etats va être réduite. La France et l’Allemagne détiendront, à terme, jusqu’à 12% du capital d’EADS et l’Espagne environ 4%, avec des droits de préemption réciproques, dans le cadre d’un nouvel accord, qui remplacera le pacte d’actionnaires de 2000.
La France et l’Allemagne auront chacune deux représentants au nouveau conseil d’administration de 12 membres, a précisé une source proche de l’Elysée à Reuters.
Actuellement, l’Etat français détient 15% du capital directement et le groupe Lagardère 7,5%. Du côté allemand, l’industriel Daimler possède près de 15% d’EADS et un consortium de sept banques allemandes (Dedalus) se partage 7,5%.
Daimler a d’ores et déjà démarré le processus de sortie progressive du capital d’EADS en vendant, selon deux sources proches du dossier, des actions à un prix compris entre 26,25 euros et le cours de l’action, qui a clôturé à 27,23 euros à Paris mercredi, en hausse pour la troisième séance d’affilée.
Le constructeur automobile compte céder au total 7,44% du capital d’EADS ce mois-ci. La vente complète de sa participation devra attendre l’assemblée générale extraordinaire.
Le capital flottant d’EADS passera ainsi de moins de 50% à plus de 70%.
Comptes rendus réguliers
L’accord prévoit également un dispositif permettant à la France et à l’Allemagne de protéger leurs intérêts liés à la sécurité nationale, notamment en ce qui concerne la force de dissuasion nucléaire française.
Les négociations ont également permis de confirmer l’implantation du siège opérationnel d’EADS à Toulouse, aux côtés de celui de l’avionneur Airbus, une mesure chère à Tom Enders, le président exécutif d’EADS.
Il a rencontré le président de la République, mercredi 5 décembre, au matin.
« Ce fut une discussion très franche qui a duré une heure », a rapporté un conseiller de l’Elysée. « Le président a demandé que Tom Enders rende compte régulièrement de son action aux ministres de l’Economie et de la Défense tous les huit mois environ ».
Tom Enders doit rencontrer, jeudi 6 décembre au matin, le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici.