Échec des négociations sur un traité mondial contre la pollution plastique

Dimanche 1er décembre, les négociations sur un traité mondial sur la pollution plastique ont pris fin sans qu’aucun accord ait été trouvé, notamment parce que les pays possédant de grandes réserves de combustibles fossiles se sont opposés aux dispositions susceptibles d’avoir un impact sur la production.

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Environment activists call for a reduction in plastic production in Busan
Cette cinquième session de négociation (INC-5) a été marquée par un nombre record de lobbyistes des combustibles fossiles et des produits chimiques, qui constituaient la plus grande délégation sur le site. [EPA-EFE/YONHAP SOUTH KOREA OUT]

Dimanche 1er décembre, les négociations sur un traité mondial sur la pollution plastique qui se tiennent à Busan, en Corée du Sud, ont pris fin sans qu’aucun accord ait été trouvé, notamment parce que les pays possédant de grandes réserves de combustibles fossiles, tels que l’Arabie saoudite, se sont opposés aux dispositions susceptibles d’avoir un impact sur la production de plastique.

La semaine dernière, les délégués de plus de 170 pays se sont réunis à Busan pour le dernier cycle de négociations du Comité intergouvernemental de négociation sur la pollution plastique (INC-5). Leur objectif : adopter, avant le 1er décembre, un traité juridiquement contraignant sur la lutte contre la pollution plastique.

Néanmoins, ce qui aurait dû être la dernière session de négociation sur un accord international juridiquement contraignant visant à lutter contre la pollution plastique s’est interrompue tard dans la nuit sans qu’aucun accord ne soit trouvé. Le président de l’INC, Luis Vayas, a décidé de suspendre les discussions jusqu’à la mi-2025.

Le cinquième projet de traité présenté dimanche contient de nombreuses sections entre crochets, indiquant des désaccords persistants sur le contenu à adopter.

« Ce traité est le plus important depuis l’Accord de Paris [sur le climat], mais avec le texte final retardé et un projet édenté, le résultat est loin d’être ce dont nous avons besoin », a confié à Euractiv Mariana Dávila, responsable de programme senior pour l’ONG ECOS — Environmental Coalition on Standards.

« Il n’y a toujours pas de traité, pas de plafond sur la production de plastique, pas de règles mondiales contraignantes et pas de restriction sur les produits chimiques nocifs », a-t-elle ajouté.

Après avoir tenté d’obtenir un traité ambitieux au cours des négociations, l’Union européenne (UE) a exprimé son mécontentement face à l’absence de résultats tangibles, mais a promis de continuer à œuvrer en faveur d’un traité significatif.

« Nous n’avons pas obtenu ce que nous étions venus chercher », a affirmé Hugo Schally, conseiller au sein des services de l’environnement de la Commission européenne, dans une déclaration à la presse.

« Lorsque nous sommes arrivés à Busan, notre objectif était clairement de parvenir à un accord sur des mesures décisives pour mettre fin à la pollution plastique en tenant compte de l’ensemble du cycle de vie des matières plastiques », a-t-il expliqué.

Cependant, « au regret de nombreuses personnes présentes dans la salle, cela ne s’est pas produit ».

Citant le nombre croissant de pays qui soutiennent un traité ambitieux, le conseiller a déclaré à la presse que « l’UE a été et continuera d’être une force motrice pour un accord ambitieux ».

Division sur les restrictions de production

« Un traité significatif doit contenir des mesures concrètes pour réduire les niveaux de production de plastiques à des niveaux durables », a déclaré Hugo Shally lors de la dernière séance plénière.

« Il ne sert à rien de passer la serpillière quand on laisse le robinet ouvert », a pour sa part indiqué Anthony Agotha, envoyé spécial de l’UE pour le climat et l’environnement.

Lors de ce dernier cycle de négociations, plus de 100 pays ont soutenu une proposition du Panama visant à fixer un objectif mondial de réduction de la production de polymères plastiques primaires. Différentes propositions visant à règlementer les substances chimiques préoccupantes ont également été présentées.

Selon l’ONG ECOS, certains pays, principalement ceux qui disposent d’importantes réserves de combustibles fossiles, comme l’Arabie saoudite, la Russie, l’Iran et le Koweït, se sont opposés aux dispositions relatives à la production de plastique et aux produits chimiques.

« Il ne devrait pas y avoir de problème avec la production de plastique, car le problème est la pollution, pas le plastique lui-même », a soutenu Abdulrahman Al Gwaiz, représentant de l’Arabie saoudite, lors de la plénière dimanche.

L’un des principaux arguments avancés par l’Arabie saoudite et d’autres délégations est que la production de plastique et les produits chimiques ne relèvent pas du mandat de négociation et, par conséquent, du champ d’application du traité.

Cette cinquième session de négociation sur un traité mondial contre la pollution plastique a été marquée par un nombre record de lobbyistes des combustibles fossiles et des produits chimiques, qui constituaient par ailleurs la plus grande délégation présente à Busan.

« Ces négociations ont été accaparées par les industries plastiques et pétrochimiques et leurs pays associés, qui n’ont aucune intention de s’attaquer à la pollution plastique ou de laisser les autres le faire », a déploré Christina Dixon, responsable de la campagne sur les océans à l’Environmental Investigation Agency (EIA), dans des commentaires écrits adressés à Euractiv.

Outre la question de la production, celle du financement a également causé des blocages.

En effet, la mise en œuvre d’un traité sur la pollution plastique nécessitera des investissements massifs, notamment pour la gestion des déchets. Or, un profond désaccord subsiste concernant le financement, les pays en développement réclamant que les nations riches assument les coûts, tandis que les pays développés pointent la responsabilité croissante des pays en développement dans les niveaux actuels de production de plastique.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]