EDF ne veut pas brader le prix du mégawatt-heure

Le projet de loi Nome, adopté le 15 juin 2010 par l’Assemblée nationale, soulève encore de nombreuses questions ainsi qu’une forte résistance d’EDF.

EURACTIV.fr

Le projet de loi Nome, adopté le 15 juin 2010 par l’Assemblée nationale, soulève encore de nombreuses questions ainsi qu’une forte résistance d’EDF.

La loi prévoyant une «nouvelle organisation du marché de l’électricité» (Nome) est « issue d’une mauvaise interprétation du sentiment de Bruxelles » a jugé le président d’EDF, Henri Proglio, à l’occasion d’un colloque organisé par l’Union française de l’électricité, mardi 22 juin. Il prévient que puisque la compagnie EDF doit céder 20% de sa production à la concurrence, cela ne se fera pas en dessous de son coût de revient, soit entre 42 et 45 euros par mégawattheure (MWh).

Certains principes– « pas de captation injustifiée », priorité aux investissements- doivent être respectés par la loi NOME, explique-t-il, et le seuil de 42 euros par MWh est confirmé comme une offre non négociable. « Si ça ne marche pas, ce sera non », tranche Henri Proglio, qui estime qu’il s’agit d’un « problème de bon sens ».

« L’ensemble des catégories d’opérateurs doivent s’y retrouver » avec un intérêt technique, commercial et financier, insiste pourtant Christophe Chauvet, directeur général de la Société d’intérêt collectif agricole d’électricité (SICAE) de la Somme et du Cambraisis.

Dans cette optique, il prône une mutualisation des moyens, jusque dans le domaine de la recherche. Un « gage de succès » pour atteindre un réseau dynamique et auto-adaptatif également défendu par le député Serge Poignant. Une cohérence générale du système et de ses mécanismes de capacité et de rémunération de l’électricité est quoiqu’il en soit indispensable souligne Brigitte Peyron, directrice accès au Réseau de RTE (Réseau de transport d’électricité).

Les mécanismes d’échange et d’acquisition des certificats, la question du contrôle de capacité et la situation à l’étranger des producteurs qui voient leur capacité rémunérée en France sont quelques points soulevés par Brigitte Peyron, qui s’ajoutent au débat.