Effervescence en Turquie provoquée par le nouveau leader de l'opposition
L'élection de Kemal K?l?çdaro?lu au poste de leader du CHP, principal parti d'opposition turc, a été relayée par la presse comme étant un possible chamboulement dans la politique du pays. EURACTIV Turquie a contribué à cet article.
L'élection de Kemal K?l?çdaro?lu au poste de leader du CHP, principal parti d'opposition turc, a été relayée par la presse comme étant un possible chamboulement dans la politique du pays. EURACTIV Turquie a contribué à cet article.
M. K?l?çdaro?lu, un ancien fonctionnaire appelé le "Gandhi de la Turquie" pour ses manières calmes mais fermes, a été très confortablement élu samedi par les députés du CHP, la principale force d'opposition de centre gauche en Turquie. L'ancien leader Deniz Baykal a démissionné récemment en raison d'un scandale relatif à une vidéo pornographique.
M. K?l?çdaro?lu, 62 ans, a dit que sa priorité serait de combattre le chômage et la corruption. Il devrait travailler à restaurer l'image de son parti de centre-gauche et ainsi regagner les voix des électeurs pauvres de l'AKP.
Les dirigeants du parti AKP vous volent et se construisent des villas avec des piscines, ils deviennent de plus en plus riches alors qu'ils prétendent aider les pauvres, a-t-il dit devant ses partisans, qui chantaient les slogans suivants : "premier ministre Kemal" et "Kemal le révolutionnaire". Le parti CHP a été créé par Kemal Ataturk (1881-1938), le fondateur de la Turquie moderne.
M. K?l?çdaro?lu s'est engagé à adopter une constitution plus démocratique (EURACTIV 05/05/10) et à baisser le seuil de 10 % permettant aux partis politiques d'entrer au Parlement. Il a dit qu'il soutenait l'ambition de la Turquie de rejoindre l'UE et a demandé à Bruxelles de donner une date pour l'adhésion de la Turquie.
Les analystes ont prédit qu'une CHP moins étatiste et qui rétablirait son caractère social démocrate et fuirait le nationalisme de l'ère Baykal aurait plus de chance lors des prochaines élections parlementaires de l'an prochain.
Soli Ozel, un analyste politique de l'université Istanbul Bilgi, a dit que M. Kilicdaroglu avait désormais l'opportunité de rendre au CHP le statut de parti de gouvernement qu'il n'a pas eu depuis des dizaines d'années. Il est assez évident que le gouvernement se sent très mal à l'aise par rapport à ce nouveau développement, et je suis certain que le pays demande à connaître un changement, a dit M. Ozel, en partie en raison de la fatigue de l'AKP, en partie parce qu'il y a beaucoup de problèmes qui n'ont pas été résolus, et également du fait de l'arrogance de l'AKP, après tant d'années au pouvoir, qui touche enfin les gens, a dit MM. Ozel, cité par RFE/RL.
Un sondage d'opinion publié cette semaine suggère que M. K?l?çdaro?lu porterait les votes du CHP à plus de 30 %. Le parti a remporté 21 % des voix lors des dernières élections nationales.
Le CHP connaît actuellement un bouleversement d'importance. Un nouveau leadership émerge et il y a beaucoup d'enthousiasme grâce aux nouvelles têtes et au nouveau leader, a affirmé Hursit Gunes, un membre du parti élu récemment à l'assemblée.
M. K?l?çdaro?lu a prouvé qu'une nouvelle ère commençait en Turquie, qu'une alternative existe au gouvernement actuel et que la gauche peut s'unir, a dit le journaliste du journal Vatan, Mustafa Mutlu.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV.)