Egypte : Mohamed Morsi écarte ses deux dirigeants militaires

Hier (12 août), le président égyptien, Mohamed Morsi, a renvoyé ses deux responsables militaires et a repris le pouvoir sur l'armée, dans le but de réorienter le pouvoir politique dans le pays.

EURACTIV.com / Reuters
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Hier (12 août), le président égyptien, Mohamed Morsi, a renvoyé ses deux responsables militaires et a repris le pouvoir sur l'armée, dans le but de réorienter le pouvoir politique dans le pays.

 

Le porte-parole de M. Morsi a parlé d'une décision « souveraine » du chef de l'Etat visant à « injecter du sang neuf » dans l'armée qui semblait tenter de prendre le contrôle sur le nouveau président.

 

Hussein Tantaoui, un maréchal qui a occupé le poste de ministre de la défense sous Hosni Moubarak et dont la présence donnait une impression de pouvoir militaire sur la nouvelle démocratie, et le chef d'état-major de l'armée, Sami Enan, ont été victimes de cette décision. M. Morsi a également annulé la déclaration constitutionnelle de l'armée qui accordait un pouvoir important à l'armée sur la présidence.

 

Surprise

 

Il est difficile de savoir dans quelle mesure les généraux, membres du Conseil suprême des forces armées (CSFA), soutiennent cette décision qui sous-entend une réorganisation des forces politiques égyptiennes, alors que le pays est dans l'attente d'une nouvelle constitution qui devrait allouer plus de pouvoir à M. Morsi et à ses Frères musulmans.

 

Des milliers de partisans islamistes se sont rassemblés sur la place Tahrir au Caire et dans d'autres villes pour soutenir la décision de M. Morsi. « Président de la République, votre décret est approuvé à 100 % », ont scandé certains d'entre eux.

 

M. Tantaoui, après avoir été ministre pendant 20 ans sous Hosni Moubarak, a contribué au renversement du dictateur le 11 février 2011 suite aux manifestations de masse du printemps arabe.

 

Une débâcle embarrassante pour l'armée à la frontière avec Israël, où 16 soldats égyptiens ont été tués par des militants islamistes il y a une semaine, a sans doute permis à M. Morsi d'accélérer la perte d'influence de l'armée.

 

Confrontation avec la Cour constitutionnelle

 

M. Morsi a nommé le général Abdel Fattah al-Sisi des services secrets pour remplacer M. Tantaoui. M. Enan a été remplacé par le général Sidki Sobhi.

 

Les deux hommes poussés au départ à la retraite, dont les positions auraient pu être affaiblies par les problèmes de la semaine dernière dans le désert du Sinaï, ont été nommés conseillers du président.

 

En annulant la déclaration constitutionnelle de l'armée, M. Morsi peut également s'emparer du pouvoir législatif que les généraux souhaitaient conserver en l'absence d'un parlement. En juin dernier, le conseil militaire, soutenu par les juges, a dissout l'assemblée aux mains des islamistes élue en janvier, une décision qui n'avait pas plu à M. Morsi.

 

M. Morsi a également planté le décor d'une éventuelle confrontation avec la Cour suprême constitutionnelle qui pourrait qualifier sa décision quant à la déclaration constitutionnelle d'invalide.