Élargissement : à Kiev, Ursula von der Leyen salue les « excellents progrès » de l’Ukraine
Quelques jours avant que la Commission européenne ne publie son rapport sur l’élargissement et ne se prononce sur l’ouverture de négociations d’adhésion avec l’Ukraine, la présidente de l’exécutif de l’UE s’est rendue a Kiev et a salué les progrès du pays.
Quelques jours avant que la Commission européenne ne publie son rapport sur l’élargissement et ne se prononce sur l’ouverture de négociations d’adhésion avec l’Ukraine, la présidente de l’exécutif de l’UE, Ursula von der Leyen, s’est rendue a Kiev et a salué les progrès du pays sur la voie de l’adhésion.
La visite de Mme von der Leyen samedi (4 novembre), la sixième depuis le début de l’invasion russe en février 2022, intervient alors que l’Ukraine est censée être au cœur du rapport de la Commission européenne sur les progrès des réformes dans les pays candidats à l’adhésion, qui sera publié cette semaine.
Les dirigeants européens se réuniront pour un sommet à Bruxelles mi-décembre, où ils décideront s’ils donnent le feu vert à l’ouverture de négociations d’adhésion formelles avec l’Ukraine et s’ils prennent une décision concernant une rallonge du budget de l’UE, un point qui a retardé l’approbation de son programme d’aide de 50 milliards d’euros à l’Ukraine.
Avant son départ pour Kiev, Mme von der Leyen avait déclaré aux journalistes que sa visite avait pour but de faire le point sur un certain nombre de questions.
« Bien entendu, la question de l’élargissement sera en tête de l’ordre du jour, mais aussi notre soutien financier et militaire, le douzième paquet de sanctions, bref, un large éventail de questions dont nous devrons discuter », avait déclaré Mme von der Leyen plus tôt dans la journée.
« Le message le plus important est de rassurer sur le fait que nous soutiendrons l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra », avait-elle ajouté.
Lors de son séjour à Kiev, Mme von der Leyen a rencontré le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, ainsi que d’autres hauts fonctionnaires ukrainiens.
« D’excellents progrès »
S’exprimant aux côtés de M. Zelensky à l’issue de leurs entretiens bilatéraux, Mme von der Leyen a déclaré que l’Ukraine avait réalisé « d’excellents progrès » en ce qui concerne les conditions pour une future adhésion à l’UE.
« Je dois dire que vous avez fait d’excellents progrès, c’est impressionnant à voir […] Nous en témoignerons prochainement lorsque la Commission présentera son rapport sur l’élargissement », a affirmé Mme von der Leyen.
L’Ukraine a « franchi de nombreuses étapes […] c’est le résultat d’un travail acharné », a-t-elle déclaré aux journalistes, ajoutant que Kiev était en train de mener à bien d’autres réformes.
« Si cela se produit, et j’en suis convaincue, l’Ukraine pourra atteindre son objectif ambitieux de passer à l’étape suivante du processus d’adhésion », a-t-elle ajouté.
Lutter contre la lassitude
Si la visite éclair de Mme von der Leyen en Ukraine fait suite à des visites similaires dans les Balkans occidentaux et en Moldavie, son objectif n’était pas seulement de rassurer Kiev au sujet de l’adhésion.
Ces dernières semaines, l’Ukraine et certains de ses plus fervents partisans ont exprimé leur inquiétude de voir l’attention des États-Unis et de leurs alliés occidentaux se déplacer vers le Moyen-Orient, alors que beaucoup craignent que la guerre entre Israël et le Hamas palestinien ne déstabilise la région.
Kiev s’inquiète également de l’avenir du soutien des États-Unis, alors que leur allié lutte pour obtenir une aide financière face à un Congrès américain divisé à l’approche de l’élection présidentielle de l’année prochaine.
Le président ukrainien a exhorté l’Occident à ne pas fléchir dans son soutien à l’Ukraine.
« Bien sûr, nous sommes perdants dans les évènements du Moyen-Orient », a-t-il déclaré durant un entretien accordé au magazine TIME.
« La lassitude causée par la guerre se déroule comme une vague […] On le voit aux États-Unis et en Europe. Et nous voyons que dès qu’ils commencent à être un peu fatigués, cela devient un spectacle pour eux : “je ne peux pas regarder cette rediffusion pour la dixième fois” », a expliqué M. Zelensky.
S’exprimant aux côtés de Mme von der Leyen lors de sa visite samedi, le président ukrainien a déclaré qu’« il est clair que la guerre au Moyen-Orient retient l’attention de la communauté internationale », mais qu’il était persuadé que le soutien à l’Ukraine se poursuivrait.
M. Zelensky a également démenti les informations diffusées par les médias selon lesquelles des responsables américains et européens demandaient à Kiev d’envisager des négociations de paix avec la Russie.
Des fonctionnaires américains et européens ont discuté avec le gouvernement ukrainien de ce que pourraient impliquer des négociations de paix avec la Russie pour mettre fin à la guerre, a rapporté la chaîne NBC citant deux fonctionnaires américains anonymes.
« Personne ne fait pression sur moi aujourd’hui. Aucun dirigeant des États-Unis ou de l’Union européenne ne fait pression sur nous pour que nous nous asseyions à la table des négociations », a déclaré M. Zelensky, soulignant qu’une telle décision ne dépendrait que de lui et du peuple ukrainien.
Les dirigeants occidentaux ont jusqu’à présent continué à réaffirmer leur soutien à l’Ukraine, mais pour certains observateurs, les promesses pourraient commencer à sonner creux au vu des commentaires qui vont à l’encontre des positions publiques adoptées.
Mi-septembre, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a fait l’objet d’un canular orchestré par deux humoristes russes, au cours duquel elle a déclaré que les alliés occidentaux en avaient assez de la guerre.
« Je vois qu’il y a beaucoup de fatigue de part et d’autre, et [que] le moment approche où tout le monde comprendra que nous avons besoin d’une issue », a déclaré Mme Meloni dans un enregistrement audio de l’appel rendu public la semaine dernière.
« Les gens sont fatigués. C’est de la fatigue. C’est normal », a pour sa part déclaré M. Zelensky à Kiev samedi.
« Il y a des difficultés, oui. Il y a des opinions différentes [sur le conflit], c’est vrai. Mais je pense que nous n’avons même pas le droit de penser à une défaite. Il n’y a pas d’alternative », a déclaré le président ukrainien.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]