Elections au Royaume-Uni : le débat sur l'Europe relégué au second plan [FR]

Le parti travailliste vise une troisième victoire consécutive lors des élections générales organisées ce jeudi 5 mai. EURACTIV se penche sur les raisons expliquant le silence assourdissant des principales formations du pays sur les questions européennes.   

Le parti travailliste vise une troisième victoire consécutive lors des élections générales organisées ce jeudi 5 mai. EURACTIV se penche sur les raisons expliquant le silence assourdissant des principales formations du pays sur les questions européennes.   

Daniel Keohane, chercheur au « Centre for European Reform », estime que la tenue prochaine d’un référendum sur la Constitution européenne (prévu pour le premier semestre 2006) peut expliquer l’absence de débat sur l’Europe dans la campagne actuelle : « Lors de la dernière campagne électorale, l’accent mis par William Hague sur l’euro n’a produit aucun résultat pour la simple et bonne raison qu’un référendum sur le sujet avait été promis aux Britanniques », rappelle-t-il. Selon M. Keohane, les principaux thèmes de la campagne actuelle (la santé et l’éducation, l’Irak et la situation économique) n’ont que très peu à voir avec les questions européennes. L’immigration constitue un cas particulier, mais en la matière les conservateurs ont préféré centrer le débat sur la politique britannique, laissant au seul UK Independence Party le soin de dénoncer les initiatives de l’Union européenne dans ce domaine.  

Pour Christopher Hill,  directeur du Centre des études internationales à l’université de Cambridge, il apparaît clairement qu’aucun parti ne souhaite parler d’Europe : les libéraux-démocrates, qui apparaissent déjà comme le parti le plus pro-européen, ne veulent pas forcer le trait et se voir taxer d’ « anti-patriotisme » ; les conservateurs estiment qu’il est trop tôt pour lancer le débat sur la Constitution (un texte qui, de toute façon, ménage largement les intérêts britanniques) ; les travaillistes, quant à eux, ne tiennent pas à apparaître comme des pro-européens forcenés.