Élections belges : le président de la droite flamande ne veut pas de l’extrême droite au gouvernement
Bart De Wever, président du parti de droite flamand N-VA (Conservateurs et Réformistes européens) souhaite une coalition avec les partis Open VLD (Renew) et CD&V (Parti populaire européen) pour les élections de 2024, excluant ainsi l’extrême droite du pouvoir.
Bart De Wever, président du parti de droite flamand N-VA (Conservateurs et Réformistes européens) souhaite une coalition avec les partis Open VLD (Renew) et CD&V (Parti populaire européen) pour les élections de 2024, excluant ainsi l’extrême droite du pouvoir.
Selon les derniers sondages, le parti d’extrême droite Vlaams Belang (Identité et Démocratie) gagne du terrain et pourrait être le premier parti en Flandre et en Belgique aux élections de 2024, écrivait Belga vendredi dernier (25 août).
Le gouvernement flamand actuel est composé de la N-VA, du CD&V et de l’Open VLD, un modèle que M. De Wever souhaite réitérer pour les prochaines élections, bien que les partis semblent perdre du terrain au vu des sondages. Il a indiqué qu’il mènerait les discussions nécessaires à la formation d’une telle coalition dans les mois à venir.
Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Humo lundi (28 août), Bart De Wever a déclaré qu’il « aurait préféré voir cette alliance se former bien avant 2024, mais [que] la Vivaldi [l’actuelle coalition de sept partis au niveau fédéral] s’y opposait ».
« Avec les partis de droite de l’Open VLD et du CD&V, nous pouvons former un large parti populaire conservateur qui atteindrait aisément les 40 % », a-t-il ajouté.
Toutefois, un gouvernement flamand quadripartite constituerait un « scénario catastrophe », a-t-il affirmé, précisant qu’il « fera tout […] pour s’assurer que cela ne se produise pas ».
Le président de la N-VA semble également rejeter l’idée d’une coalition avec le Vlaams Belang, parti d’extrême droite : le « Vlaams Belang est […] le mélanome de la Flandre. L’extrême droite est active depuis les années 1920, mais son bilan se résume à des pages imprimées d’encre noire », a-t-il déclaré lors de l’entretien.
Les élections de 2019 ont laissé un goût amer à la N-VA, qui est restée le premier parti, mais a tout de même perdu des sièges par rapport à 2014. Le Vlaams Belang, au contraire, a gagné des sièges et est sorti grand vainqueur de l’élection, même s’il n’est arrivé qu’en deuxième position.
Les récents sondages montrent que le Vlaams Belang devrait continuer à progresser, puisqu’il obtient 22,7 % des intentions de vote, suivi de près par la N-VA qui recueille 21,8 % des voix. Les sondages prédisent que la coalition N-VA/Open VLD/CD&V ne devrait pas atteindre la majorité après les élections de 2024.
Lors de l’entretien, M. De Wever a également évoqué le programme politique de son parti. S’il dit encore se méfier d’une déclaration unilatérale d’indépendance de la part de la Flandre vis-à-vis de la Belgique, il croit à une réforme de l’État qui donnerait au pays une structure confédérale, par opposition à l’État fédéral actuel.
Il a également souligné que la Flandre supportait le poids de la Wallonie et de Bruxelles.
« La Wallonie et Bruxelles sont virtuellement en faillite. Les citoyens francophones n’ont plus d’argent. C’est une opportunité à saisir », a-t-il affirmé. « Toutefois, pour que cela se produise, les partis flamands [traditionnels] doivent former un front », ce qui ne sera possible que si la N-VA devient le parti le plus important et obtient le droit d’initiative, a-t-il ajouté. « Pour ce faire, le CD&V et l’Open VLD doivent subir un coup dur pour qu’ils n’osent plus maintenir le statu quo belge », a conclu M. De Wever.
En Wallonie, les sondages prévoient une victoire du Parti socialiste (PS, Socialistes et Démocrates européens) et à Bruxelles, une victoire du Mouvement réformateur (MR, Renew Europe).