Élections européennes : les Verts se rapprochent de Yolanda Díaz, la Gauche garde ses distances
Les Verts européens se sont rapprochés de la coalition de gauche espagnole Sumar en vue d’établir une alliance pour les élections européennes, tandis que la Gauche européenne a préféré garder ses distances avec celle-ci afin d’éviter d’irriter la gauche radicale du pays.
Les Verts européens se sont récemment rapprochés de la coalition de gauche espagnole Sumar en vue d’établir une alliance pour les élections européennes de 2024, tandis que la Gauche européenne a préféré garder ses distances avec celle-ci afin de ne pas irriter les partis de la gauche radicale du pays.
Formée en 2023, la coalition espagnole Sumar regroupe les principaux partis de la gauche radicale et les petits partis écologistes. Cependant, comme l’ex-Premier ministre Pedro Sánchez a appelé à des élections anticipées, Sumar s’est précipité dans la campagne et n’a pas eu le temps de mûrir et de complètement se définir.
En raison du mécontentement croissant de certains de ses membres, il n’est pas certain que la jeune coalition soit en mesure de se présenter unie aux prochaines élections européennes.
Rapprochement avec les Verts européens
Néanmoins, les Verts européens, peu présents en Espagne, misent sur Sumar pour accroître leur présence sur la scène politique espagnole et cherchent à renforcer les liens avec la cheffe de la coalition, la vice-présidente par intérim et ministre du Travail Yolanda Díaz.
« Je pense que si vous regardez ce que nous voulons, nous écologistes, et ce que Yolanda [Díaz] et Sumar veulent en Espagne et en Europe, vous voyez qu’il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de chevauchements. Donc pour moi […] chercher comment nous pouvons coopérer maintenant et après [les élections européennes de] 2024, c’est évident », a expliqué Terry Reintke, co-présidente du groupe des Verts/ALE, à Euractiv.
« De notre côté, nous avons montré qu’il y avait beaucoup d’ouverture et de volonté de le faire », a-t-elle ajouté, reconnaissant qu’il y avait encore beaucoup d’inconnues.
C’est dans cette optique que les Verts ont organisé vendredi et samedi (29-30 septembre) le Green Social Summit. Ce sommet organisé à Madrid a réuni des partis écologistes de toute l’Europe, des responsables politiques de Sumar, des activistes et des représentants de la société civile.
Lors de ce sommet, Mme Díaz a quant à elle clairement exprimé son intention de travailler avec les Verts au niveau de l’UE et de promouvoir le Pacte vert pour l’Europe (Green Deal).
« Nous devons élargir nos alliances pour aller dans cette direction. Nous avons besoin de la famille écologiste », a affirmé Mme Díaz lors du sommet.
« Nous attendons juin 2024 pour construire un projet européen, critique et transformateur, vert et féministe, large et inclusif […] nous devons construire une vague verte et progressiste », a-t-elle ajouté.
À l’approche des élections nationales espagnoles de juillet, plusieurs représentants du Parti Vert Européen, dont sa co-présidente Mélanie Vogel, se sont rendus en Espagne pour faire campagne aux côtés de Sumar.
La position délicate de la gauche
Le groupe de La Gauche au Parlement européen se rendra également à Madrid à la mi-octobre. Le rapprochement du groupe avec Sumar sera toutefois moins ostentatoire, puisqu’il s’agira de journées d’étude ordinaires et non d’un véritable sommet.
Cette situation résulte principalement du fait que le parti de la Gauche Unie (Izquierda Unida) et le parti Podemos, tous deux membres de Sumar et du groupe de La Gauche au Parlement européen, contestent la coalition. À l’heure actuelle, il n’est pas certain qu’ils se présenteront ensemble aux prochaines élections européennes.
Ne disposant que de peu de temps pour clarifier les relations entre les membres de la coalition Sumar et leur rôle en son sein avant les élections anticipées de juillet, Izquierda Unida et Podemos se plaignent désormais du fait que, sous la direction de Yolanda Díaz, le parti ne respecte pas leur voix et leur espace politique.
Interrogées pour savoir si elles se présenteraient à nouveau avec Sumar, les eurodéputées du parti Podemos Idoia Villanueva et Eugenia Rodríguez ont préféré ne pas donner leur position.
« En ce moment, à Podemos, nous sommes complètement impliqués dans le processus de participation et de débat que nous avons ouvert pour renforcer notre organisation et définir ce que sera notre feuille de route », a indiqué Mme Villanueva à Euractiv.
Alors que toutes les forces politiques progressistes se concentrent désormais sur la formation d’un gouvernement, les négociations de coalition de Sumar pour les élections européennes ne devraient pas être conclues avant janvier.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]