Élections polonaises : l’opposition doit saisir sa chance et former un gouvernement
Le parti Droit et Justice (PiS) ne devant pas être en mesure de former un gouvernement, l’opposition doit saisir sa chance et s’associer pour monter au pouvoir, a expliqué un analyste politique de l’Université de Varsovie à Euractiv Pologne.
Le parti conservateur Droit et Justice (PiS) ne devant pas être en mesure de former un gouvernement, l’opposition doit saisir sa chance et s’associer pour monter au pouvoir, a expliqué Olgierd Annusiewicz, analyste politique de l’Université de Varsovie, à Euractiv Pologne.
L’UE et de nombreux pays occidentaux ont salué les résultats des élections générales de dimanche (15 octobre), qui ont donné à la Coalition civique (KO) pro-UE de Donald Tusk une chance d’évincer le PiS au pouvoir depuis 2015.
Même si le PiS a obtenu le plus grand nombre de voix (35,38 %), il ne dispose plus de la majorité au parlement. En effet, ensemble, la KO (30,7 %), le parti Troisième voie (14,4 %) et la Nouvelle Gauche (8,6 %) ont obtenu le plus grand nombre de voix et devraient bientôt débuter les négociations de formation d’une coalition.
La Confédération d’extrême droite a pour sa part obtenu 7,2 % des voix.
Formation d’une coalition
La formation d’une coalition de l’actuelle opposition pourrait s’avérer difficile, car la KO de Donald Tusk, la Troisième Voie centriste et la Nouvelle gauche ont des positions différentes sur de nombreux sujets, dont l’avortement, la politique sociale et la fiscalité.
Si les partis ne parviennent pas à former un gouvernement, des élections anticipées pourraient techniquement avoir lieu.
Or, « les chances d’un nouveau succès électoral après l’échec de la formation d’un gouvernement sont minces », souligne l’expert. « Même si le PiS a perdu [avec un résultat en deçà des trois blocs d’opposition réunis], il a encore beaucoup de partisans déterminés [à le maintenir au pouvoir ] », poursuit-il.
Toutefois, M. Annusiewicz pense que la tenue de nouvelles élections est un scénario très peu probable.
Gouverner au sein d’une coalition est toujours délicat, en particulier au début d’un mandat, car les partis qui tentaient de se différencier pendant la campagne électorale doivent travailler ensemble, déclare-t-il également, qualifiant cette situation de « naturelle, car les petits partis craignent d’être éclipsés par les plus grands ».
Qui pour former une coalition ?
C’est maintenant au président Andrzej Duda (PiS) de mandater une personne qui sera chargée de former un gouvernement.
M. Annusiewicz pense que M. Duda restera fidèle à son parti et nommera l’actuel Premier ministre, Mateusz Morawiecki, également membre du PiS, pour cette tâche.
Si ce dernier ne parvient pas à former de gouvernement, ce qui est quasi certain — que ce soit seul ou au sein d’une coalition avec la Confédération d’extrême droite —, ce sera au tour de l’opposition de tenter de former un gouvernement.
Le PiS tentera probablement de rallier des députés des groupes d’opposition, mais il est « peu probable » qu’il parvienne à obtenir une majorité de cette manière, même si cela « n’est pas impossible », précise M. Annusiewicz.
Le soir des élections, M. Morawiecki a déclaré que le PiS n’avait en aucun cas écarté la possibilité de discuter avec la Troisième Voie, dont le programme semble le plus proche de celui du PiS. Cependant, Szymon Hołownia, l’un des dirigeants de la Troisième Voie, a déclaré qu’il préférerait travailler avec d’autres partis d’opposition.
Le même jour, l’eurodéputé KO Andrzej Halicki a expliqué à Euractiv Pologne que M. Tusk devrait être nommé Premier ministre, expliquant que le président devait prendre en compte l’intérêt de la Pologne à former un nouveau gouvernement le plus rapidement possible.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]