Macron espère finaliser son projet d’envoyer des instructeurs militaires en Ukraine « dans les prochains jours »

Au terme de deux jours de visite en France, Volodymyr Zelensky ne rentrera pas de Paris les mains vides et peut se féliciter de plusieurs avancées significatives, notamment la formation de 4500 de ses militaires par des instructeurs français et étrangers sur le sol ukrainien.

Euractiv France
Ukrainian President Volodymyr Zelensky in Paris
epa11158819 French President Emmanuel Macron (L) greets Ukrainian President Volodymyr Zelensky (R) upon his arrival at the Elysee Palace in Paris, France, 16 February 2024. EPA-EFE/YOAN VALAT

Au terme de deux jours de visite en France, Volodymyr Zelensky ne rentrera pas de Paris les mains vides et peut se féliciter de plusieurs avancées significatives, notamment la formation de 4500 de ses militaires par des instructeurs français et étrangers sur le sol ukrainien.

« Quand l’Ukraine nous demande de former des soldats sur son sol souverain, est-ce une escalade ? », s’est interrogé Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse à l’Élysée, vendredi 7 juin, avant de répondre par la négative.

« Qui serions-nous pour céder aux menaces de la Russie ? », s’est-il encore demandé, expliquant qu’il est « beaucoup plus efficace et pratique […] de former sur le sol ukrainien », avant de préciser que « plusieurs partenaires » avaient déjà donné leur accord à l’opération.

Alors que le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait expliqué sur la chaîne Telegram de l’agence de presse russe Ria Novosti, que la France était « prête à s’impliquer directement dans le conflit », Emmanuel Macron a raillé « les signes de nervosité de la Russie ».

« Que les dirigeants russes soient à la hauteur de l’Histoire, qu’ils ne viennent pas trahir le formidable message du peuple soviétique, qui avait résisté aux nazis », s’est-il exclamé.

Des avions de combat mais combien ?

Paris a par ailleurs confirmé la livraison d’avions de combat mirage 2000-5, et la formation en France de pilotes et de mécaniciens ukrainiens. Le président français n’a pas précisé le nombre d’appareils livrés.

Fabriqués par Dassault Aviation, les Mirage 2000-5 ont été mis en service en 1999 et sont toujours utilisés par l’armée française, notamment pour lutter contre les drones houtis dans la corne de l’Afrique. Leur remplacement était planifié d’ici 2029.

Selon Le Monde, la France ne disposerait que de 26 de ces appareils, mais le président Emmanuel Macron a souligné qu’une « coalition », « avec d’autres partenaires » serait mise en place dans les prochains mois. La Grèce, le Qatar et les Émirats arabes unis utilisent des Mirage 2000-5.

Des prêts et des dons en soutien aux infrastructures ukrainiennes

Les présidents français et ukrainiens ont également signé deux accords pour un total de 650 millions d’euros de prêts et de dons, afin de soutenir les infrastructures ukrainiennes visées par la Russie.

L’Agence française de développement (AFD) disposera d’un fonds de 400 millions de prêts et de 50 millions de dons jusqu’en 2027, utilisé pour aider les collectivités locales ukrainiennes, notamment dans les secteurs de l’énergie et des transports.

Un « fonds de soutien » aux infrastructures critiques sera par ailleurs mis en place, doté de 200 millions d’euros « pour accompagner les entreprises françaises dans les futurs appels d’offres » dans les domaines de l’énergie, des transports, de l’eau et de l’assainissement, de la santé et de l’agriculture.

Un peu plus tôt dans la journée, le président américain Joe Biden avait annoncé une nouvelle tranche d’aide de 225 millions de dollars, constitué notamment de munitions et de véhicules blindés de transport de troupes. Ce dernier a aussi publiquement présenté ses excuses au président ukrainien pour le retard pris par l’aide américaine. « Nous sommes toujours là », a-t-conclu.