En 2022, les États membres ont dépensé 330 milliards d'euros pour amortir les prix de l'énergie
L'AIE a révélé jeudi (16 février) que les subventions publiques aux énergies fossiles se sont élevées à plus de 1 000 milliards d’euros dans le monde en 2022 complétées, dans l'UE, de 330 milliards d’euros d’aides aux consommateurs.
L’Agence internationale de l’énergie a révélé jeudi (16 février) que les subventions publiques aux énergies fossiles se sont élevées à plus de 1 000 milliards d’euros dans le monde en 2022. Des chiffres complétés dans l’UE par 330 milliards d’euros d’aides aux consommateurs.
Chaque année, depuis 2010, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) fait part du montant des subventions publiques à la consommation globale d’énergies fossiles à travers le monde.
Elle prend en compte les subventions au gaz naturel, au pétrole, au charbon, mais aussi à l’utilisation des énergies fossiles pour produire de l’électricité.
En 2022, elles se sont élevées à plus de 1 000 milliards d’euros, soit un doublement par rapport à 2021, bien loin du précédent record de 700 milliards enregistré en 2012.
« Les prix des combustibles fossiles ont été extraordinairement élevés et volatils en 2022, les marchés de l’énergie étant aux prises avec les tensions causées par l’invasion russe en Ukraine – en particulier les fortes réductions des livraisons de gaz naturel russe dans l’UE », explique l’AIE.
330 milliards d’aides aux consommateurs dans l’EU
En raison du mix énergétique des Vingt-Sept composé à plus de 70 % d’énergies fossiles, en grande majorité importées, les États membres de l’UE ont amorti les factures énergétiques des consommateurs avec 330 milliards d’euros d’argent public.
Certains États membres, comme la France, ont limité la hausse des prix des carburants « à la pompe ». Le pétrolier français TotalEnergies a pris des mesures similaires.
Mardi (21 février) le président français Emmanuel Macron a d’ailleurs demandé à TotalEnergies des nouveaux « gestes » sur le prix à la pompe, appelant à « l’esprit de responsabilité de nos grands producteurs et revendeurs ».
Néanmoins, l’AIE n’est pas en mesure de définir précisément combien d’euros furent spécialement attribués à la baisse de la facture des produits liés aux combustibles fossiles.
Concernant les prix de l’électricité, les États membres ont profité des mesures exceptionnelles autorisées par l’UE pour financer les amortisseurs de prix, comme la taxation des rentes inframarginales des producteurs d’énergie bas carbone.
L’énergéticien français EDF a été très impacté par cette mesure, puisque ce mécanisme s’est ajouté au dispositif d’accès régulé au nucléaire (Arenh) par lequel l’entreprise vend une partie de son électricité nucléaire à ses concurrents à un prix compétitif.
Le premier énergéticien d’Europe a également récupéré des centaines de milliers de clients consommateurs d’énergie, soumis dès lors aux tarifs réglementés de vente de l’électricité, bien inférieurs aux prix sur le marché européen de l’électricité.
Pour toutes ces raisons, EDF a enregistré une perte de 18 milliards d’euros sur l’année.
Les mesures européennes
L’UE a également tenté de juguler les prix de l’électricité en mettant en place des mesures sur le gaz naturel : plafonnement des prix, obligations d’achats communs pour une partie des stockages et réduction de la consommation.
Néanmoins, l’AIE relève que ces mesures peuvent « inciter à utiliser davantage de combustibles plus polluants, c’est-à-dire à passer du gaz au charbon ». Le gaz reste en effet beaucoup plus chère que le charbon.
Sans compter que « les pressions inflationnistes font grimper les coûts d’emprunt, au détriment des investissements dans les énergies propres à forte intensité de capital », précise l’agence.
Pour motiver l’investissement dans les énergies décarbonées, la Commission européenne prépare une réforme du marché européen de l’électricité avec une proposition attendue le 14 mars prochain.
Pour l’heure, l’Allemagne ne souhaite pas de réforme avant les élections européennes de 2024, tandis que la France et l’Espagne poussent pour qu’elle soit effective au plus vite.