En Grèce, les écologistes sont quasi-absents de la scène politique
Malgré des canicules et des incendies dévastateurs ces dernières années en Grèce, la question environnementale reste largement absente de la campagne des élections législatives de dimanche (25 juin) et les écologistes ne devraient pas parvenir à faire élire le moindre député.
Malgré des canicules et des incendies dévastateurs ces dernières années en Grèce, la question environnementale reste largement absente de la campagne des élections législatives de dimanche (25 juin) et les écologistes ne devraient pas parvenir à faire élire le moindre député.
Les Grecs « considérent l’environnement un peu comme un luxe », admet Vasiliki Grammatikogianni, la co-présidente de l’alliance écologiste baptisée « verte et violette », qui reçoit l’AFP dans un hôtel bâti au siècle dernier, en face du marché central d’Athènes, où le mouvement tient ses réunions.
Aucun sondage ne prédit l’entrée au parlement dimanche de ce mouvement patchwork qui rassemble à la fois des éco-féministes, des fédéralistes pro-européens mais aussi des militants du mouvement des Pirates et des défenseurs des droits des animaux.
Il ne devrait pas franchir le seuil de 3% nécessaire pour siéger.
À contre-courant d’autres pays européens comme l’Allemagne où les écologistes sont devenus des partenaires gouvernementaux incontournables : ils sont notamment à la tête d’un vaste ministère de l’Economie et du Climat.
Conflits personnels
La « vague verte« , qui a vu les partis écologistes remporter un succès sans précédent aux élections européennes de 2019, « n’a pas touché la Grèce », poursuit Mme Grammatikogianni.
Pourtant dans ce pays méditerranéen, l’urgence climatique est patente.
Les vagues de canicules estivales directement imputées au réchauffement climatique par les experts se sont succédé, tout comme une série d’inondations.
D’immenses incendies ont dévasté une partie du pays durant l’été 2021, faisant trois morts et détruisant plus de 100 000 hectares de forêt.
En 2018, plus de 100 personnes sont mortes à Mati, près d’Athènes, dans le pire incendie meurtrier qu’ait connu le pays.
Mais en Grèce, « pendant de nombreuses années, les partis verts ont souffert de conflits personnels qui ont conduit à des divisions internes et nous ont marginalisés », explique à l’AFP Vula Tsetsi, secrétaire générale du groupe Verts/ALE au Parlement européen.
Dans un pays où les difficultés économiques au quotidien restent la préoccupation majeure, « nous devons montrer comment la protection du climat n’est pas un fardeau supplémentaire pour les personnes souffrant de l’inflation et de la cherté de la vie, mais une solution », lance-t-elle.
Des responsables verts étaient entrés dans le gouvernement de gauche radicale (2015-2019) du Premier ministre d’alors, Alexis Tsipras.
Mais l’expérience a sans doute fait plus de mal que de bien au mouvement.
C’est le gouvernement Tsipras qui a signé des accords controversés d’exploration d’hydrocarbures dans la mer Ionienne, un habitat clé pour des tortues, des phoques et des dauphins.
« C’était une erreur qui a nui au [mouvement] », souligne Lefteris Ioannidis, à l’époque membre dissident du parti des Verts écologistes au sein de la coalition.
Clivage gauche-droite
« Il existe un stéréotype selon lequel les Verts ne sont bons que sur les questions environnementales », explique Nikos Chrysogelos, qui a représenté les Verts écologistes au Parlement européen de 2012 à 2014.
« Mais il est clair que les Verts (…) parlent aussi des gens, de la société, de l’économie », assure ce militant de longue date, qui fait maintenant campagne pour le mouvement vert et violet.
Et, souligne M. Ioannidis, qui fut maire de la ville de Kozani, dans le nord du pays, longtemps entachée par la pollution au lignite, le clivage droite-gauche reste le socle politique principal en Grèce.
Fondés en 2002, les Verts écologistes ont été pendant des décennies le parti pro-environnement le plus prospère.
Ils ont enregistré leur meilleure performance aux élections européennes de 2009 en élisant un eurodéputé.
Trois ans plus tard, lors des législatives, ils ont certes amélioré leur nombre de bulletins de vote recueillis mais n’ont obtenu que 0,07% des suffrages.