Énergie et environnement : s'il ne fallait retenir qu'un sujet de la campagne des européennes

Au terme de la campagne des élections européennes, à chaque pays sont lot de sujets crispants. Un sujet en particulier en France, un autre en Allemagne et un autre à l'échelle européenne, ont cristallisé les débats.

/ / Euractiv.com
shutterstock_2402212681-800×450
Les manifestations régulières des agriculteurs - et les photos spectaculaires qui les accompagnent - ont fait en sorte que la protection de la nature reste un sujet de discussion constant pendant la période précédant les élections. [Shutterstock/Jakob Berg]

Au terme de la campagne des élections européennes, à chaque pays son lot de sujets crispants. Un sujet en particulier en France, un autre en Allemagne et un autre à l’échelle européenne, ont cristallisé les débats. 

France : le marché européen de l’électricité

Au pays du nucléaire, il fallait faire réagir les électeurs. Sachant que le pouvoir d’achat est la préoccupation principale des Français, les règles du marché européen de l’électricité ont été prises en grippe par les extrêmes, accusées d’être l’une des causes principales de l’explosion des factures d’électricité des Européens. 

Après des niveaux d’inflations élevés ces derniers mois, le Rassemblement national (RN, ID), en tête dans les sondages, s’est donc largement emparé du sujet, imposant son rythme au autres candidats.

Selon sa tête de liste Jordan Bardella, il faut ainsi « en finir avec le marché de l’électricité ». Comprenez plutôt qu’il faut « changer les règles de tarification », insatisfait des garanties obtenus avec la réforme adoptée début 2024. « Nous n’allons pas couper les câbles », s’amusait-il. 

De plateaux télé en studios radios, Jordan Bardella s’est donc chargé, non sans mal, d’expliquer que le fonctionnement du marché avait éloigné la facture des Français du coût réel du mix électrique hexagonal. En cause, son principe cardinal du « merit order », qui calque peu ou prou le prix de l’électricité sur le coût de production de la dernière centrale appelée à produire de l’électricité, soit le coût de production le plus élevé à l’instant T. Et sans gaz russe, abondant et pas cher, le système s’est emballé. 

Rarement les candidats à une élection nationale s’exposent sur des sujets aussi techniques. Face aux anathèmes des extrêmes, les candidats libéraux et socialistes ont eu bien du mal à défendre le marché, usant, eux aussi parfois, de procédés rhétoriques fallacieux.

Allemagne : la fin des voitures thermiques

Au cœur de l’industrie automobile européenne, la question la plus controversée était celle de l’avenir du moteur à combustion interne.

En 2023, l’UE a adopté la fin de vente des voitures thermiques neuves en 2035. Conservateurs (CDU/CSU, PPE) et libéraux (FDP, Renew) tous opposé à cette mesure, se sont renvoyés la responsabilité de sa paternité.

Pendant que les conservateurs se sont engagés durant la campagne à « abolir » cette mesure, le ministre libéral des transports Volker Wissing les a accusé de jouer un « double jeu », étant donné que la mesure avait été proposée sous la surveillance de la présidente de la Commission européen, Ursula von der Leyen, membre de la CDU. D’ailleurs, la suppression de la mesure n’a pas été reprise dans le manifesto du PPE,

« Dans la campagne des élections européennes, la CDU promet le contraire de ce qu’elle a fait lors de la dernière législature », a ainsi tancé M. Wissing à Euractiv.

Avant l’adoption de la mesure, M. Wissing a obtenu une exception à la fin de vente pour les voitures fonctionnant exclusivement avec des carburants synthétiques neutres en carbone, dit e-carburants. Mais les représentants de la CDU lui ont reproché de ne pas avoir tenu sa promesse, arguant que l’accord conclu « ne vaut pas le papier sur lequel il est imprimé », car il n’a pas encore été mis en œuvre.

Pour leur part, les Verts et les sociaux-démocrates ont défendu l’échéance de 2035, arguant qu’elle devrait apporter clarté et sécurité de planification aux constructeurs automobiles.

UE : la protection de l’environnement

Globalement en Europe, la protection de l’environnement – et son impact sur l’agriculture – a été l’un des principaux thèmes de la campagne, obligeant les candidats à se positionner très tôt et très clairement sur le sujet.

Juste avant le début de la campagne, les agriculteurs ont manifesté massivement à travers toute l’Union, bien malgré l’édulcoration, le gel ou le retrait de plusieurs dossiers relatifs à la protection de l’environnement contenus dans le Pacte vert.

Il faut dire que ces dernières années, les coûts de production ont augmenté et les prix de vente des denrées alimentaires ont baissé, suscitant la colère des agriculteurs, parfois instrumentalisée contre le Pacte vert.

Or, tout comme les ONG environnementales, les responsables de gauche et certains de droite soutiennent que la protection de l’environnement est dans l’intérêt à long terme des agriculteurs. Et s’il y a un coupable des conditions de vie des agriculteurs qui se dégradent selon eux, c’est plutôt du côté de la structure de l’industrie de la production alimentaire qu’il faut aller chercher.

Etonnement – peut-être -, les Verts à travers l’UE n’ont fait que peu campagne sur le thème, préférant, par exemple, s’égosiller sur la stratégie industrielle à adopter.

[édité par Zoran Radosavljevic].