Estonie : malgré la victoire de l’opposition, la Première ministre ne convoquera pas d’élections anticipées

Après l’annonce d’élections anticipées en France, la Première ministre estonienne Kaja Kallas a indiqué que son gouvernement ne tomberait pas en dépit des résultats des élections européennes et de la perte d’un siège au Parlement européen pour son parti.

Euractiv.com
This article is part of our special report "Élections européennes 2024 : tour d’horizon des résultats"
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La Première ministre estonienne, Kaja Kallas. [EPA-EFE/OLIVIER MATTHYS]

Quelques heures après que le président français Emmanuel Macron a annoncé la tenue d’élections anticipées en France, la Première ministre estonienne Kaja Kallas a fait savoir que son gouvernement ne tomberait pas en dépit des résultats des élections européennes et de la perte d’un eurodéputé pour son parti, le Parti de la réforme (Renew), sur les sept sièges dont disposera le pays au Parlement européen durant la prochaine législature (2024-2029).

Le parti de Mme Kallas est arrivé en troisième position au scrutin avec 17,9 % (ce qui lui attribue un siège au Parlement européen), derrière le parti d’opposition chrétien-démocrate Isamaa (Parti populaire européen/PPE) et ses 21,5 % (et donc deux sièges) et derrière son propre partenaire au gouvernement, le Parti social-démocrate (SDE, Socialistes et Démocrates/S&D) qui a obtenu 19,3 % des voix et obtient donc également deux eurodéputés.

Le dernier partenaire de la coalition au pouvoir dans le pays, le parti libéral Estonie 200, n’a pour sa part obtenu que 2,6 % des voix et ne disposera donc d’aucun eurodéputé.

En Estonie, le taux de participation aux élections européennes est plus ou moins stable depuis 2014. Cette année, le taux de participation au scrutin européen était de 37,7 %.

Le gouvernement ne tombera pas

Le Parti de la réforme de Kaja Kallas a perdu l’un de ses deux eurodéputés sur les sept eurodéputés envoyés par l’Estonie au sein de l’hémicycle européen.

« Le gouvernement de Kaja Kallas ne tombera pas avec ce résultat électoral », a toutefois affirmé la Première ministre.

La dirigeante a déclaré que son parti avait obtenu un très bon résultat.

Kaja Kallas a vu sa popularité chuter en raison des coupes budgétaires effectuées dans le secteur public et du sentiment largement répandu au sein de la population estonienne qu’elle se concentre davantage sur un éventuel poste au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ou de l’UE que sur la politique intérieure de son pays et ses citoyens.

En effet, elle avait déjà été mentionnée plus tôt cette année pour reprendre le poste de secrétaire générale de l’OTAN, actuellement occupé par Jens Stoltenberg. Et samedi (8 juin), Politico a rapporté que Kaja Kallas était parmi les plus candidates les plus probables pour remplacer l’Espagnol Josep Borrell, Haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de Sécurité, à la tête du Service européen pour l’action extérieure (SEAE). Cette option serait soutenue par Emmanuel Macron.

Kaja Kallas a néanmoins déclaré sur la chaîne estonienne ETV que le soutien du président français relevait de la conjecture des journalistes. « Je ne sais pas si [Emmanuel] Macron me soutiendrait, c’est une fiction de journalistes », a-t-elle en effet indiqué.

[Édité par Anna Martino]