L'extension des plantations de coca en Bolivie irrite l'UE

Une nouvelle loi augmentant la superficie des cultures de coca en Bolivie créé des tensions avec l’UE. Le président, Evo Morales, rappelle que le pays définit sa législation de façon souveraine. Un article de notre partenaire, Euroefe.

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Une nouvelle loi augmentant la superficie des cultures de coca en Bolivie créé des tensions avec l’UE. Le président, Evo Morales, rappelle que le pays définit sa législation de façon souveraine.

dernières vont vite se dissiper. Un article de notre partenaire, Euroefe.

Lors d’une conférence de presse à La Paz le 13 mars, Evo Morales a soutenu qu’il avait « tout à fait confiance en l’UE » et assuré que son gouvernement voulait « continuer à avancer dans la bonne relation qu’il a toujours eue avec le bloc européen, qui coopère avec la Bolivie de manière inconditionnelle sur de nombreuses thématiques. »

« Je suis sûr que nous allons surmonter cette situation », a-t-il déclaré.

La semaine dernière, le chef d’État a promulgué une nouvelle loi faisant passer la limite légale des plantations de coca de 12 000 à 22 000 hectares, au motif qu’une partie du volume planté sera exporté en l’état naturel ou sous forme de dérivés industriels licites.

Le gouvernement a assuré que 18 000 hectares étaient nécessaires pour couvrir les besoins des Boliviens qui mâchent traditionnellement des feuilles de coca. Pourtant, une étude réalisée grâce à des statistiques du gouvernement et financée par l’UE certifiait en 2013 que seuls 14 705 hectares de plantations étaient nécessaires pour tous les usages légaux de la feuille de coca.

Par ailleurs, la convention antidrogue de l’ONU de 1961 interdit l’exportation de la plante et de ses dérivés s’ils contiennent toujours des alcaloïdes, matières permettant la production de la cocaïne.

Le vendredi 10 mars, le représentant de l’UE en Bolivie, l’Espagnol León de la Torre Krais, s’est dit inquiet de cette augmentation de la superficie légale des cultures de feuilles de coca.

Le diplomate européen a déclaré que dans ce nouveau contexte législatif, l’Union européenne devait recentrer la coopération pour que la lutte contre le narcotrafic soit plus efficace.

Le 13 mars, Evo Morales a souligné qu’il comprenait « parfaitement » le droit de l’Union européenne de faire des commentaires sur la loi, mais a rappelé que son pays avait « aussi le droit de définir sa législation de manière souveraine. »

Il a déclaré que dans un premier temps, ses ministres avaient rencontré la représentation de l’UE en Bolivie pour leur expliquer la portée de la nouvelle loi et a annoncé qu’à tout moment, il invitera les diplomates  « pour discuter de la question ».

Le président bolivien a également indiqué qu’il prévoyait de participer à une réunion au Parlement européen en milieu d’année pour aborder le sujet. « Tout dépend de l’explication que nous donnons sur la loi générale en matière de feuille de coca », a-t-il ajouté.

Entre lundi et mardi, une mission dirigée par le ministre du gouvernement, Carlos Romero, s’est rendue à Vienne pour fournir à la Commission des stupéfiants de l’ONU une explication sur la nouvelle loi et sur la stratégie de lutte contre le trafic de drogues.

La Bolivie est le troisième producteur mondial de feuilles de coca et de cocaïne au monde, après la Colombie et le Pérou.