L'envoyé de l'UE retourne en Géorgie pour poursuivre sa médiation
L’envoyé personnel du président du Conseil européen Charles Michel en Géorgie retournera à Tbilissi cette semaine afin de tenter de trouver une solution à la crise politique actuelle.
L’envoyé personnel du président du Conseil européen Charles Michel en Géorgie retournera à Tbilissi cette semaine afin de tenter de trouver une solution à la crise politique actuelle qui, selon les responsables de l’UE, pourrait compromettre les aspirations européennes du pays du Caucase du Sud.
La crise politique en Géorgie s’est aggravée le mois dernier après que la police a pris d’assaut les bureaux du parti du chef de l’opposition, Nika Melia, et l’a placé en détention, approfondissant ainsi une crise qui a également poussé l’ancien Premier ministre, Giorgi Gakharia, à démissionner. Irakli Garibashvili a été nommé Premier ministre cinq jours plus tard, mais les tensions demeurent.
« Les acteurs politiques géorgiens doivent prendre conscience des conséquences d’une crise prolongée – pour leurs citoyens et pour les relations entre l’UE et la Géorgie », a déclaré un fonctionnaire européen.
Tant le Rêve géorgien au pouvoir que l’opposition se disent pro-européens, le gouvernement s’étant engagé à présenter une demande d’adhésion à l’UE d’ici à 2024. Cependant, la polarisation politique fait le jeu du président russe Vladimir Poutine, qui ne veut pas que l’ancienne république soviétique rejoigne l’OTAN et l’UE.
Lors de sa visite en Géorgie début mars, le président du Conseil européen a annoncé que « le moment [était] venu de passer de la facilitation à la médiation ».
Toutefois, après une semaine de négociations à Tbilissi, l’envoyé de Michel, Christian Danielsson, est rentré bredouille à Bruxelles la semaine dernière.
Les parties seraient parvenues à progresser sur trois des cinq questions posées par M. Michel : réforme électorale, réforme judiciaire et partage du pouvoir au sein du Parlement.
Toutefois, peu de progrès ont été effectués jusqu’à présent sur les deux questions les plus épineuses des négociations : la justice politisée et les prochaines élections.
L’opposition réclame des élections anticipées et la libération de ce qu’elle appelle des prisonniers politiques, dont M. Melia, tandis que le parti au pouvoir affirme avoir les mains liées par la loi et que les prochaines élections parlementaires seront programmées en 2024.
Lors de sa visite à Bruxelles, le nouveau Premier ministre géorgien Irakli Garibashvili a doublé la mise en affirmant que les prochaines élections législatives se tiendront en 2024, à l’expiration du mandat du Parlement actuel.
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se sont réunis à Bruxelles lundi (22 mars). La crise politique en Géorgie a fait partie des discussions.
« Cet effort de médiation n’est pas terminé, il va se poursuivre », a déclaré le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, après la réunion.
« Nous devons continuer à soutenir le processus, nous devons continuer à faire de la médiation parce que la Géorgie ne peut pas être bloquée dans une profonde polarisation qui empêche le gouvernement de travailler et le pays a besoin de stabilité pour faire face aux importantes réformes qu’il doit entreprendre », a-t-il ajouté.
Dans le même temps, l’ambassadrice de Géorgie auprès de l’Union européenne, Natalie Sabanadze, a annoncé sa démission après avoir représenté son pays à Bruxelles pendant près de huit ans.