Européennes 2024 : l’exception de l'Irlande où l’extrême droite est absente
Alors que les électeurs irlandais se rendront aux urnes pour le 7 juin pour voter à la fois aux Européennes et aux élections locales, ni les partis au pouvoir ni l’opposition ne disposent d’une avance claire suite à l’émergence de candidats indépendants.
Alors que les électeurs irlandais se rendront aux urnes pour le 7 juin pour voter à la fois aux Européennes et aux élections locales, ni les partis au pouvoir ni l’opposition ne disposent d’une avance claire suite à l’émergence de candidats indépendants, et tout pourrait dépendre de questions brûlantes telles que la lutte contre l’immigration ou le logement, si elles devenaient les thèmes centraux de la campagne.
Le taux de participation aux élections en Irlande devrait être plus élevé qu’en 2019 en raison de l’émergence de candidats de premier plan et des élections locales et municipales très compétitives qui se déroulent le même jour, ce qui complique la prévision d’un résultat définitif.
Toutefois, selon Dick Roche, ancien ministre irlandais de l’Environnement, les principaux partis politiques « pourraient bien éviter la “défaite” que de nombreux commentateurs ont prédit ».
Les trois plus grands partis du parlement irlandais, à savoir le Fianna Fáil (Renew) et le Fine Gael (PPE), ainsi que le Sinn Féin (GUE/NGL), à l’opposition, semblent certains de remporter au moins trois sièges chacun sur les 14 attribués à l’Irlande au Parlement européen. Selon les derniers sondages, deux de ces trois partis sont même bien placés pour remporter un quatrième siège.
Parmi les partis de la coalition gouvernementale, composée de Fianna Fáil, Fine Gail et des écologistes, les derniers sondages d’opinion montrent que depuis que Simon Harris est devenu le plus jeune Taoiseach d’Irlande en avril, le soutien à son parti Fine Gael a significativement augmenté et est désormais au coude à coude avec le Sinn Féin.
Le Fianna Fáil, même s’il reste bien en deçà de son score historique aux élections précédentes, s’en sort mieux que prévu.
Mais les choses ne sont guère prometteuses pour le Parti vert, troisième membre de la coalition gouvernementale. Il pourrait même perdre les deux sièges qu’il occupe au sein du Parlement européen sortant. En effet, le parti n’a pas seulement perdu des électeurs dans la circonscription de Dublin, mais également dans la circonscription d’Irlande du Sud, où les agriculteurs, bien que moins bruyants que leurs homologues continentaux, déplorent les politiques environnementales de Bruxelles.
Le mécontentement à l’égard des partis au pouvoir a culminé avec l’échec du récent référendum, qui proposait de réécrire les clauses constitutionnelles sur les rôles familiaux et les devoirs des femmes dans les foyers. Cependant, les Irlandais sont également mécontents de la manière dont les partis au pouvoir gèrent les niveaux élevés d’immigration, les pénuries de logements et les services publics limités — des questions qui, selon un sondage du Irish Times avec Ipsos B&A Snapshot, les préoccupent toujours davantage.
Bien que « l’Irlande soit une nation pro-migrants […] la mauvaise gestion des difficultés auxquelles l’Irlande est confrontée signifie que la sympathie pour les migrants s’érode rapidement », selon M. Roche, qui ajoute que les reportages sur le sujet font régulièrement la une de l’actualité.
Pour l’instant, cependant, il n’y a « aucune réponse cohérente à l’immigration », a ajouté M. Roche, soulignant que celui qui convaincra les électeurs qu’il peut s’attaquer aux niveaux élevés d’immigration pourrait sortir vainqueur de la double élection de cette année.
Une course serrée
Bien que les sondages réalisés depuis 2020 aient toujours montré que le Sinn Féin était bien placé et qu’il pourrait arriver en tête des élections européennes, des sondages plus récents ont montré un déclin de l’intérêt des électeurs, le parti étant désormais au coude à coude avec le Fine Gael de M. Harris.
« Le déclin du Sinn Féin aura un impact significatif sur les votes », a annoncé M. Roche, suggérant que le parti pourrait ne pas arriver en tête des élections européennes, sans parler des élections générales de l’année prochaine.
Parallèlement, les « Indépendants et autres » ont gagné du terrain au cours des dernières semaines. « Il est clair que les électeurs mécontents qui s’étaient tournés vers le Sinn Féin regardent maintenant ailleurs », a analysé M. Roche.
Un sondage récent, publié le 10 mai, les place même devant tous les autres partis. Bien qu’il s’agisse d’un groupe assez hétérogène et fragmenté, le mode de fonctionnement du système électoral irlandais fait que le soutien combiné de ce groupe ne se traduira pas par des sièges au Parlement européen.
La manière dont les votes seront répartis entre les candidats déterminera qui, après que les principaux partis auront obtenu neuf ou dix sièges au Parlement européen, obtiendra le reste, ce qui est difficile à prédire à l’heure actuelle.
Pas de montée de l’extrême droite
L’Irlande fera figure d’exception sur la scène européenne, car aucun eurodéputé d’extrême droite ne siégera au Parlement.
Alors que le Fine Gael au pouvoir fait partie du Parti populaire européen (PPE) et que le Fianna Fáil fait partie de Renew Europe, les autres partis, y compris le Sinn Féin, principal parti d’opposition, se situent tous à gauche de l’échiquier politique.
Mais « la campagne ne fait que commencer », et « beaucoup de choses peuvent changer d’ici le jour de l’élection », selon M. Roche. Il semble que, « quel que soit le résultat du 7 juin, les résultats des élections générales qui suivront probablement avant la fin de l’année sont encore très incertains ».
[Édité par Anna Martino]