Européennes 2024 : une liste unique des droites italiennes ne se fera pas

Les partis politiques italiens de centre droit au pouvoir ont affirmé mardi qu'ils ne présenteront pas de liste commune aux élections européennes de 2024, malgré leur alliance au niveau national.

EURACIV Italie
11349594-e1698817849788-800×450
« Il n’y a aucune chance que ce modèle soit reproduit en Italie. Avec la Lega et Forza Italia, nous avons une alliance gouvernementale forte et stable, mais aux élections européennes, chacun se présentera avec sa propre liste », a déclaré à Euractiv l’eurodéputé Carlo Fidanza [ [EPA-EFE/CARMELO IMBESI]]

Les partis politiques italiens de centre droit au pouvoir ont affirmé mardi (31 octobre) qu’ils ne présenteront pas de liste commune aux élections européennes de 2024, malgré leur alliance au niveau national.

Fratelli d’Italia, membre du groupe parlementaire Conservateurs et Réformistes européens (CRE) ; Forza Italia, membre du Parti populaire européen (PPE) ; et le parti d’extrême droite de la Lega, membre d’Identité & démocratie (ID) font tous trois partis de la coalition gouvernementale italienne.

Néanmoins, cette alliance nationale ne se répétera pas aux prochaines élections européennes. « Il n’y a aucune chance que ce modèle soit reproduit en Italie. Avec la Lega et Forza Italia, nous avons une alliance gouvernementale forte et stable, mais aux élections européennes, chacun se présentera avec sa propre liste », a déclaré à Euractiv l’eurodéputé Carlo Fidanza, chef de la délégation du parti Fratelli d’Italia, dont émane Giorgia Meloni, Première ministre italienne.

Comme précédemment rapporté par Euractiv, le parti Fratelli d’Italia de Mme Meloni aspire à construire des « chemins communs » avec les partis de centre droit en Europe pour obtenir une majorité de droite au Parlement européen, sans pour autant faire liste commune avec ses alliés.

Selon Carlo Fidanza, ils doivent rester distincts « avec leurs identités et leurs spécificités dont ils sont jalousement les protecteurs ».

Mais une alliance entre les groupes CRE et PPE au Parlement européen ne suffirait pas à former une majorité, même avec le soutien de l’extrême droite européenne.

Selon un représentant du PPE, pour aspirer à une coopération avec son groupe, les partis doivent être pro-européens, pro-Etat de droit et pro-Ukraine — des conditions qui ont été récemment remplies par Fratelli d’Italia, mais seulement partiellement par la Lega, qui a toujours des positions eurosceptiques.

D’autres partis membres de CRE semblent ne pas répondre aux trois critères énumérés. C’est notamment le cas du parti polonais Droit et Justice (PiS), accusé de nuire au fonctionnement du système judiciaire et à la liberté des médias en Pologne.

Pour autant, la défaite du PiS aux dernières élections nationales n’aurait pas de conséquences directes pour le groupe CRE, présidé par Mme Meloni, a ajouté M. Fidanza.

« Le PiS reste un pilier important de notre famille politique avec laquelle nous partageons l’objectif de construire une zone conservatrice encore plus large à partir des prochaines élections européennes », a affirmé M. Fidanza à Euractiv.

« Aucun gouvernement polonais n’a jamais remporté de troisième mandat, et après huit ans de gouvernement ininterrompu, il est normal de faire face à une certaine lassitude de l’électorat, surtout dans des années particulièrement difficiles. Nous verrons si M. Tusk sera en mesure de former une coalition gouvernementale solide : c’est une chose de s’unir pour diaboliser l’adversaire, c’en est une autre de gouverner », a-t-il ajouté.