Européennes : le RN présente les 35 premiers noms de sa liste

Le Rassemblement national (RN), en tête des sondages pour les européennes, a dévoilé mercredi (1er mai) les 35 premiers noms de sa liste. Y figurent des eurodéputés sortants, des cadres historiques, quelques jeunes et des soutiens de Marine Le Pen.

Euractiv France
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Le président du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN) Jordan Bardella (3-R) et la dirigeante parlementaire du parti Marine Le Pen (2-R) assistent au lancement de la campagne pour les élections européennes à Marseille, dans le sud de la France, le 3 mars 2024. [EPA-EFE/Guillaume Horcajuelo]

Le Rassemblement national (RN), en tête des sondages pour les européennes, a dévoilé mercredi (1er mai) les 35 premiers noms de sa liste. Y figurent des eurodéputés sortants, des cadres historiques, quelques jeunes et des soutiens de Marine Le Pen.

« Cette équipe je l’ai voulu à l’image de ce que nous sommes devenus aujourd’hui : une force de gouvernement compétente », a distillé Jordan Bardella mercredi depuis Perpignan, bastion du RN depuis l’accession à la mairie de la cité catalane en 2020 du vice-président du parti et ex-compagnon de Marine Le Pen, Louis Aliot.

Pour preuve de ce qu’il avance, M. Bardella a misé sur deux types de colistiers pour les élections européennes : les transfuges de la société civile et les eurodéputés sortants. Une chose est sûre, le président du parti n’a pas su imposer beaucoup de ses proches soutiens, bien que la liste compte 34 noms surmontés du sien.

10 eurodéputés sortants sur 23

La liste se caractérise, d’abord, par le maintien de 10 eurodéputés sur les 23 sortant, dont huit seulement sont en positions réellement éligibles, comme les proches de Marine Le Pen Philippe Olivier (11e position) et Catherine Griset (14e position).

La liste reconduit aussi Virginie Joron (16e position) et Thierry Mariani (9e position), bien que tous deux soient sous le feu des critiques pour leurs positions respectivement jugées anti-vaccins et pro-russes.

Vient ensuite Marie Dauchy (22e position), France Jamet (30e position) et André Rougé (31e position), difficilement éligibles, pour ces deux derniers, même avec les bons scores du RN dans les derniers sondages.

Jean-Paul Garraud, président du RN au sein du groupe européen Identité et démocratie (ID), et Mathilde Androuët, présidente de la fondation ID, figurent également sur la liste et en très bonnes positions, respectivement 5e et 4e.

Liste de « parcours »

Selon celle qui est chargée de l’organisation des meetings de la campagne, « la liste est vraiment le symbole de ce rassemblement entre des parcours personnels et politiques variés. Des “Bardelliens” de la 1re heure jusqu’aux derniers ralliements dont les parcours signifient quelque chose de l’urgence de notre situation politique », dit-elle à Euractiv.

Les ralliements de la société civile mettent en effet l’accent sur un thème cher à l’électorat du RN : la sécurité et ses corollaires que sont l’immigration, la répression et la justice.

Côté immigration, le RN n’a pas lésiné, avec un podium de liste composé de l’essayiste très critique de la politique migratoire européenne Malika Sorel-Sutter (2e position) et de l’ancien patron de l’agence européenne des gardes-côtes et des gardes frontières Frontex, Fabrice Leggeri (3e position).

Côté police et justice, le parti à la flamme s’est attiré les services du médiatique ancien commissaire Matthieu Valet (7e position), ceux de la magistrate Pascale Piera (10e position), de l’avocat et ancien eurodéputé Alexandre Varaut (13e position) et de sa consoeur Sylvie Josserand (26e position).

Quelques jeunes bardellistes

Si Mme Androuët est en très bonne place, les autres proches de M. Bardella ne peuvent en dire autant. Pierre-Romain Thionnet, président du Rassemblement national de la jeunesse, figure en 23e position, presque sûr d’être élu. En revanche, ce n’est pas le cas pour le partenaire des premières actions militantes du jeune président du RN, Gaëtan Dussausaye, qui pointe en 29e position.

Outre, ces deux hommes montrent qu’« il y a un bon rajeunissement [de la liste] et ça fait du bien », confie à Euractiv un jeune membre du RN, habitué des dossiers bruxellois.

Pour preuve, la liste compte également trois autres personnalités de moins de 35 ans : Anne-Sophie Frigout (8e position), élue locale du RN dans la Marne, Julie Rechagneux (18e position), élue locale en Gironde et Andréa Kotarac, président du RN en région Auvergne Rhône-Alpes, proche de Marine Le Pen et 35e sur la liste.

Aux fidèles, le RN reconnaissant

Faute de n’avoir su attirer des transfuges venus de la droite classique, comme avait-il pu le faire en 2019 avec MM. Mariani et Garraud, M. Bardella récompense les fidèles du parti et méconnus du grand public, dont certains font un bond spectaculaire par rapport à la précédente liste.

Ainsi de Mélanie Disdier, historique du parti dans les Hauts-de-France, région de Marine Le Pen et du vice-président du RN, Sébastien Chenu, passée de la 56e à la 6e position.

Pareil pour Marie-Luce Brasier-Clain (60e à 12e), Gilles Pennelle (de 27e à 15e), président du groupe RN en Bretagne, Julien Sanchez (de 81e à 17e), président du groupe RN en Occitanie, ou encore Aleksandar Nikolic (de 51e à 19e), président du groupe RN en Centre-Val de Loire.

Tous sont membres du parti depuis au moins une dizaine d’années.

In fine, la liste se veut équilibrée et diversifiée. C’est, du moins, ce qu’en dise des membres du parti interrogés par Euractiv : « elle répond aux critères des militants et des électeurs », elle est « crédible avec des profils intéressants », ou encore « équilibrée entre les “marinistes” et les “bardellistes” ».