Excuses serbes pour le massacre de Srebrenica
Le parlement serbe s'est excusé le 30 mars pour les massacres en 1995 de milliers de musulmans bosniaques à Srebrenica, mais ce processus a souligné à quel point le pays reste profondément polarisé à propos des guerres du passé.
Le parlement serbe s'est excusé le 30 mars pour les massacres en 1995 de milliers de musulmans bosniaques à Srebrenica, mais ce processus a souligné à quel point le pays reste profondément polarisé à propos des guerres du passé.
La résolution exprime la compassion pour les victimes et présente des excuses pour ne pas avoir tout fait pour éviter le massacre, mais n'a pas qualifié les meurtres de « génocide ».
La coalition au pouvoir Démocrates et socialistes pro-occidentale espère obtenir les faveurs de l'UE et des investisseurs grâce à cette mesure, qui a été adoptée après un débat télévisé en direct de presque 13 heures, achevé après minuit.
Nous franchissons une étape civilisée de personnes politiquement responsables, basée sur la conviction politique, pour le crime de guerre qui a eu lieu à Srebrenica, a déclaré Branko Ruzic, dont le parti socialiste était dirigé par l’homme fort Slobodan Milosevic durant les années 90.
Les forces serbes bosniaques conduites par le général Ratko Mladic ont tué environ 8 000 hommes et enfants musulmans bosniaques après avoir pris cette enclave située de l'est et qui était sous protection de l'ONU. Ce massacre est la pire atrocitécommise en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.
Un diplomate occidental posté en Bosnie lorsque le massacre de Srebrenica a eu lieu a affirmé que passer la résolution sans arrêter Mladic ne voulait pas dire grand-chose.
En tant que substitut, c'est une offense, c'est une insulte. En tandem avec une mesure législative, cela aurait eu du sens, a affirmé le diplomate. S'ils pensent qu'ils peuvent laisser Mladic vivre librement pour 15 ans encore, il s'agit d'une grave injustice.
Belgrade a candidaté pour l'adhésion à l'Union européenne en décembre mais doit toutefois arrêter Mladic et l'envoyer devant le Tribunal des crimes de guerre à la Hague avant de commencer les discussions. L'ancien général, considéré comme un héros par de nombreux Serbes, se cacherait en Serbie.
Partisans et opposants élèvent leurs voix
Pour certains parlementaires, la résolution était injuste car elle ignorait les crimes de guerre contre les Serbes.
A Srebrenica, le crime n'était pas pire qu'à d'autres endroits, a dit le député de l'opposition Velimir Ilic, citant les actions de la Croatie voisine contre les Serbes pendant la guerre. Nous ne pouvons pas mettre tout le reste de côté.
D'autres, comme Cedomir Jovanovic du parti libéral de l'opposition, a critiqué la résolution car elle n'utilise pas le terme de génocide.
Nous voulions une résolution totalement différente mais ce n'est apparemment pas possible, a-t-il dit devant le Parlement. Notre société n'est pas suffisamment forte.
De nombreuses personnes ont protesté devant le Parlement, certaines brandissant des photos de Mladic et du dirigeant des Serbes bosniaques à l'époque de la guerre Radovan Karadzic, qui est en procès à la Hague pour le génocide de Srebrenica.
Une autre groupe brandissait de petites pancartes sur lesquelles était écrit : Srebrenica n'était pas dans mon nom.
Le premier ministre Mirko Cvetkovic a déclaré à Reuters la semaine dernière que la résolution devrait aider à améliorer les relations tendues avec la Bosnie.
Srebrenica est pour nous un événement qui sur le long terme devrait ouvrir la porte pour une future coopération, a-t-il expliqué.
Pourtant, nombreux sont ceux qui en Bosnie, où 100 000 personnes sont mortes pendant la guerre de 1992-95, ont trouvé que la résolution serbe était trop faible, et arrivait trop tard.
De nombreux criminels qui ont massacré et tué nos enfants se sont échappés en Serbie où ils vivent comme des citoyens libres et bénéficient de leurs pleins droits, a dit Munira Subasic, qui dirige une association à Srebrenica de femmes qui ont perdu leurs fils et maris à Srebrenica.
Il n'y a pas d'excuse pour les crimes. La justice ne sera rendue que lorsque tous les criminels qui ont réalisé ces atrocités seront nommés et tenus pour responsables, a-t-elle dit à Reuters Télévision.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'article par EURACTIV.)